bovin

Actualité sur les coronaviroses bovines

Auteurs : Dr Bertrand Ridremont, vétérinaire consultant, membre de l’écadémie vétérinaire de France, bridgeconseil49@gmail.com

Introduction

Les coronaviroses des bovins, décrites depuis les années 1970, sont à l’origine de pathologies digestives et respiratoires des bovins jeunes et adultes, résultant en des pertes économiques très importantes (80). L’agent pathogène responsable, le coronavirus bovin (BCoV), a été détecté sur tous les continents et l’incidence sérologique élevée à travers le monde suggère que la plupart des bovins ont été exposés à ce virus durant leur vie productive (9). Le coronavirus bovin est un virus « pneumoentérique » qui infecte les voies respiratoires supérieures et inférieures ainsi que les différents segments de l’intestin des bovins (65). On décrit trois syndromes cliniques chez les bovins en relation avec le BCoV : les diarrhées néonatales du veau, la dysenterie d’hiver des bovins adultes (Winter dysentery, WD) et les infections respiratoires du veau et des jeunes bovins (66). La présente publication vise à faire le point sur les connaissances inhérentes aux coronaviroses digestives et respiratoires chez les bovins jeunes et adultes, laitiers ou allaitants, sur leurs aspects virologiques, cliniques, épidémiologiques, immunitaires et préventifs.

La coronavirus bovin : diversité et spectre d’hôte

Un seul sérotype du virus

Le coronavirus bovin (BCoV) appartient à la famille des Coronaviridae, à la sous-famille des Orthocoronavirinae, au genre Betacoronavirus, au sous-genre Embecovirus et aux espèces Betacoronavirus 1 (19). Au niveau de cette classification, le sous-genre Embecovirus inclut également des virus isolés chez certaines espèces de rongeurs et chauve-souris (3, 83) (Tableau 1). Dans la taxonomie des virus (ICTV Taxonomy History, 2020), le coronavirus bovin est très proche notamment des virus suivants : le coronavirus respiratoire canin, le coronavirus équin, le coronavirus de l’encéphalomyélite hémagglutinante porcine (PHE). Il existe une forte identité génétique, au niveau des nucléotides et des acides aminés, entre le BCoV et certains coronavirus humains, particulièrement le virus HCoV-OC43 (38).  Le coronavirus bovin descendrait d’un virus de la chauve-souris qui se serait adapté chez une espèce de rongeur, probablement le rat (53, 66). C’est un virus à ARN, sphérique (diamètre = 120-160 nm), enveloppé, monocaténaire, de sens positif, de 30 kb de long, hémagglutinant et hautement transmissible. Il renferme plusieurs protéines structurales (71) : HE (glycoprotéine « hemagglutinin-esterase »), S (glycoprotéine « spike »), E (« small membrane protein »), M (« membrane protein ») et N (« nucleocapsid protein »). La protéine S (pour « spike » ou spicule) est importante, car impliquée dans la reconnaissance des cellules cibles et la pénétration cellulaire ; elle est également la cible des anticorps neutralisants.  Initialement, on considérait l’existence de deux types différents de BCoV en fonction des symptômes : un type entérique (BECV) et un type respiratoire (BRCV). Désormais on considère qu’il n’y aurait qu’un seul sérotype de ce virus, malgré les différents syndromes cliniques et transmissions inter-espèces, les divers variants (au niveau des protéines, notamment la S) : il n’existerait qu’une faible diversité de séquence entre les coronavirus impliqués dans les diverses formes cliniques chez les bovins domestiques et sauvages (19).

Tableau 1 : Recensement non exhaustif des Embecovirus identifiés à ce jour et de leurs espèces hôtes (extrait de l’Avis complété de la Saisine n° 2020-SA-0037, 3).

Tableau de recensement non exhaustif des Embecovirus identifiés à ce jour et de leurs espèces hôtes

Origines de la variabilité génétique du virus et du tropisme

La variabilité, essentiellement due à la protéine S (65), ne serait pas nécessairement en relation avec un tropisme d’organe spécifique, même si des différences entre isolats digestifs et respiratoires pourraient être dues à des mutations ponctuelles sur le gène de la protéine S (32). Il n’y a pas d’argument solide en faveur du rôle du tropisme d’organe ou d’hôte sur l’évolution génétique des coronavirus bovins (27). Ainsi par exemple, une identité nucléotidique presque parfaite au niveau de la glycoprotéine HE avait été trouvée au Québec entre des souches de coronavirus bovin isolées à partir de diarrhées néonatales et d’entérite hémorragique hivernale (43). Plus récemment, a été décrit dans un troupeau laitier du Sud de l’Italie un épisode d’entérite hémorragique hivernale compliqué par un syndrome respiratoire sévère avec mortalité sur 10 % des vaches : le seul agent pathogène isolé sur différents organes a été un isolat de BCoV (2). En fait, les plus grandes divergences en termes de séquence en acides aminés ainsi qu’au niveau de l’arbre phylogénétique seraient entre la souche historique de référence Mebus (1972) et les isolats plus récents, indépendamment de l’origine clinique (65). Par exemple, des isolats de BCoV coréens récents collectés entre 2002 et 2005 ont montré une divergence génétique distincte des isolats viraux coréens recueillis en 1994 (45). Pour certains auteurs, les souches de BCoV semblent diverger au fil du temps d’un tropisme entérique à un double tropisme entérique et respiratoire (52), à la suite d’une accumulation de mutations au sein du même hôte (88). Lors d’études expérimentales d’épreuve virulente sur veaux, des souches entériques de BCoV induisent des diarrhées certes, mais sont potentiellement pneumoentériques, avec l’apparition de signes respiratoires sur 20 à 30 % des animaux (66). La mise en évidence, par génotypage, de lignées ou de « clusters » distincts serait plus en relation avec le lieu et l’année d’isolement qu’avec un tropisme organique (82). Ces mêmes auteurs pensent qu’il n’y aurait pas de marqueur génétique ou antigénique associé aux différentes manifestations cliniques. L’orientation d’une souche de BCoV vers une forme clinique (digestif et/ou respiratoire) serait plus liée aux interactions entre les pathogènes (BCoV et virus ou bactéries associés), l’hôte et des facteurs environnementaux (82), par exemple les conditions d’infection (stress, température, état sanitaire de l’hôte) (36). Même si on ne connait pas les mécanismes génétiques qui président le type de manifestation (digestif et/ou respiratoire) (48). A partir d’isolats de bovins ayant une pathologie respiratoire, des auteurs avaient classé les souches de BCoV respiratoires en deux clades, 1 et 2, et 3 sous-clades pour le 2 (a, b, c) (28).

Deux génotypes distincts du virus

Une étude japonaise récente (71) avait pour objectif de caractériser et de classer des souches de coronavirus bovin à travers un séquençage du génome entier. Ces auteurs ont collecté 67 souches de BCoV issues de bovins d’élevage atteints de diarrhées néonatales ou de troubles respiratoires entre 2006 et 2017. Ils ont d’abord réalisé une analyse phylogénétique du génome global en comparaison de 16 souches de référence issues de GenBank. Ils ont ainsi pu distinguer deux génotypes majeurs : un génotype classique et un génotype « Ruminants sauvages US » (dans lequel ont été classées les souches japonaises). Ensuite ils ont réalisé le même type d’analyse mais uniquement pour le gène codant pour la protéine S. Ils ont inclus, outre les isolats japonais, des souches provenant d’Amérique, d’Europe et d’Asie, soit un total de 153 souches analysées. Ils ont ainsi distingué 2 types majeurs de virus : un type Européen (dérivé du génotype classique et divisé lui-même en 11 génotypes), un type Américain (dérivé du génotype « Ruminants sauvages US » et divisé en trois génotypes). Une des conclusions de cette étude est que des coronavirus bovins sous différents génotypes émergent périodiquement et circulent de manière préférentielle dans le pays considéré. Cette divergence entre 2 lignées différentes de BCoV (une lignée européenne et une lignée Asie/Amérique) aurait eu lieu dans les années 1960-1970, à partir d’un ancêtre commun ayant émergé dans les années 1940, suite à une recombinaison au niveau d’un nucléotide du gène de la protéine S (68). La lignée américaine et asiatique se révèle plus hétérogène, la variabilité traduisant l’intensité des échanges et mouvements d’animaux entre pays, en premier lieu l’importation d’animaux vivants en provenance des Etats-Unis vers certains pays asiatiques à partir des années 1960 (27). La lignée européenne est globalement plus stable, l’Europe étant certes un marché très dense en termes de population bovine mais aussi plus fermé aux importations venant d’autres continents. La France et la Suède ont été les sources les plus importantes de diffusion du coronavirus bovin au sein du continent européen (27). Pour ces mêmes auteurs italiens, la variabilité au niveau du gène de la protéine S serait due des pressions sélectives importantes, épisodiques, localisées principalement à la surface de la protéine, suggérant une origine immunitaire de cette pression (réponse immunitaire de l’hôte). La stabilité relative du coronavirus bovin a été confirmée en France (42) : les auteurs ont séquencé 13 souches de BCoV isolées essentiellement (pour 12 d’entre elles) de diarrhées de veaux de moins d’un mois d’âge entre 2003 et 2014 (Normandie), en comparaison de 113 souches issues de GenBank et de 16 souches françaises de virus humain HCoV-OC43. La publication confirme le statut monophylétique des souches « normandes » de BCoV, notamment par rapport à la forte variabilité des isolats humains.

La circulation de souches « BCoV-like »

Des coronavirus « BCoV-like » ont été mis en évidence dans les années 1990 chez des espèces de ruminants sauvages de la famille des cervidés (comme le sambar), ou de celle des bovidés (comme le cobe à croissant et l’hippotrague noir). Les souches ainsi isolées et inoculées à des veaux gnotobiotiques (privés de prise colostrale) ont induit chez ces jeunes bovins domestiques de la diarrhée (78). Par la suite, certains auteurs ont confirmé la présence de coronavirus bovins chez d’autres espèces de ruminants sauvages : cerf de Virginie, buffle, girafe (1), mais aussi alpaca et caribou (65). Des souches isolées sur certaines de ces espèces sauvages ont révélé une très forte identité nucléotidique (99,4-99,6 %) entre elles et avec les souches de BCoV provenant de bovins domestiques (1) : il n’est souvent pas possible de distinguer les souches de BCoV et « BCoV-like » au niveau du génôme (82). Ces études confirment la circulation de souches coronavirus génétiquement très proches les unes des autres parmi les ruminants sauvages et domestiques. Les ruminants sauvages peuvent être des réservoirs de coronavirus (« BCoV-like ») pour les bovins domestiques, et vice-versa pour les souches de BCoV (Saif, 2010). Par ailleurs, les scientifiques s’accordent désormais sur le fait que les virus isolés chez les ovins et caprins ont des similarités biologiques, antigéniques et génétiques avec le coronavirus bovin (BCoV) et que ce sont ces souches « BCoV-like » qui circulent sur le terrain chez les petits ruminants (22, 49), à l’origine de diarrhées, notamment chez les jeunes animaux. Certains auteurs mettent en avant la contamination possible des ovins et caprins à partir de bovins infectés par des souches de BCoV (14). Enfin, il y a des preuves expérimentales de transmission interspécifique de souches « BCoV-like » entre ruminants sauvages, chiens, oiseaux et bovins (66).

Des risques de transmission directe et indirecte par l’environnement

Le virus est excrété dans les matières fécales et au niveau respiratoire dès deux jours après primo-infection, pendant une quinzaine de jours à dose infectieuse. Il peut être détecté ensuite en présence ou absence de signes cliniques pendant plus de 30 jours par PCR (55, 61). Le coronavirus bovin, enveloppé, est considéré comme un virus fragile, moins résistant que le rotavirus : il est sensible au savon, aux détergents et à de nombreux désinfectants. Il est détruit après une exposition d’une heure à 50 °C (80). Par contre, il reste infectieux pendant trois jours sur le sol, dans les fèces et les litières (en présence donc de matières organiques) (9). Il peut s’adsorber facilement dans l’argile et le charbon. Il existe un risque de transmission indirecte du BCoV entre élevages par l’intermédiaire de fomites (cottes, bottes, stéthoscope, montre-bracelet…) qui restent infectieux pendant au moins 24 heures. Par ailleurs, la muqueuse nasale humaine peut héberger de l’ARN du BCoV après une exposition à des veaux excréteurs de virus, mais les auteurs ont conclu que le portage semble de courte durée et que le potentiel de transmission est probablement limité (55).

La persistance de l’infection par le BCoV dans les troupeaux peut s’expliquer par une combinaison d’épisodes de ré-infection et ré-excrétion, ainsi que par la contamination d’animaux naïfs, l’introduction de bovins infectés ou de vecteurs contaminés. Des infections longues ou persistantes avec des phases de ré-excrétion sont également décrites (70).

Les diarrhées néonatales du veau : épidémiologie et clinique

Un pouvoir pathogène reconnu du BCoV

Les diarrhées néonatales (ou gastro-entérites néonatales = GENN) constituent la pathologie la plus importante du veau à l’échelle mondiale et sont une source de pertes économiques considérables dans les élevages bovins. Les agents en cause les plus couramment impliqués dans ce syndrome sont les colibacilles, cryptosporidies, le rotavirus bovin (BRoV) et le coronavirus bovin (BCoV) (29). Le coronavirus bovin, impliqué dans les GENN du veau, possède une communauté antigénique avec les virus que l’on peut trouver dans les infections respiratoires dues au BCoV ou dans la dysenterie hivernale (17). Si l’on décrit spécifiquement la diarrhée à coronavirus bovin, qui touche les jeunes veaux essentiellement entre 4 et 30 jours (souvent avant 15 jours, plus rarement avant quatre jours), après une incubation de 20 à 36 heures, se développe une diarrhée, sur une période moyenne de 4 à 5 jours (11). L’issue peut être fatale avec déshydratation, acidose, défaillance cardiaque ou choc suivis de la mort (46). Cependant, d’après une enquête réalisée essentiellement dans des élevages allaitants de Vendée (62), il a été observé une même proportion de veaux atteints par une diarrhée à coronavirus avec ou sans abattement, avec ou sans fièvre. Également, ces auteurs ont noté l’aspect et la consistance des fèces avec une prédominance de diarrhées mucoïdes, par rapport aux diarrhées liquides puis pâteuses.

Un virus plus fréquent en élevage allaitant

Au niveau épidémiologique, on distinguerait trois profils d’élevage potentiels pour les diarrhées néonatales à coronavirus : un profil épidémique (tous les veaux de l’élevage atteints sur une courte période), une « bouffée » épidémique (une partie seulement des veaux atteints sur une courte période) et un profil endémique (épisodes infectieux revenant d’une année sur l’autre avec une prévalence et une gravité qui augmentent avec les années) (11). La prévalence des diarrhées du veau à coronavirus est considérée par de nombreux auteurs comme plus élevée dans les élevages allaitants que dans les élevages laitiers. Diverses enquêtes ont été menées dans des régions avec une forte prédominance d’élevages de bovins à viande. Dans cette production, certaines enquêtes de prévalence du BCoV lors de pathologies digestives néonatales conduisaient à des prévalences de 10 à 15%, avec un pic de clinique entre 5 et 8 jours d’âge (6, 62). Pour les élevages laitiers, on dispose de deux enquêtes récentes réalisées dans nos conditions de production. Une étude, menée en Bretagne par GDS Bretagne et URGTV Bretagne, diffusée en 2015, recherchait une positivité aux principaux agents des diarrhées du veau sur 165 prélèvements de fèces de veaux de 0 à 21 jours à l’aide de kits Elisa multivalents. Le coronavirus seul n’a été retrouvé que sur 2 % des prélèvements, essentiellement sur des veaux de 2 à 7 jours, loin derrière les cryptosporidies (30 %) et les rotavirus (13 %). Une très vaste enquête, sur la base de kits multivalents également, a analysé 4.297 prélèvements de fèces, issus de 932 élevages répartis dans 45 départements, majoritairement dans le grand Ouest (laitier) (54). La prévalence moyenne a été de 11 % avec une prédominance sur des veaux de 5 à 21 jours (11,7 %) en comparaison à des veaux de moins de 5 jours (7,5 %) ; le coronavirus était isolé seul dans 31 % versus 69 % en association avec d’autres agents pathogènes (majoritairement les cryptosporidies). L’association d’agents pathogènes à tropisme digestif peut exacerber les manifestations cliniques : dans une étude allemande, la chance de détecter le BCoV chez des veaux atteints de diarrhée néonatale était significativement plus élevée en présence de rotavirus bovin (BRoV) par rapport aux veaux diarrhéiques avec isolement du seul BCoV (13). D’après certains auteurs, il pourrait exister aussi un portage asymptomatique sur 5 à 30 % des veaux (après guérison ou sans signes cliniques). Les facteurs de risques des diarrhées néonatales impliquant le BCoV sont notamment : le sexe (mâles > femelles), l’âge des veaux (période des premiers jours de vie > période tardive), la séropositivité des mères, le groupage des vêlages, le stress du vêlage (et des 2 premières semaines post-partum), la saison (hiver > autres saisons), les infections intercurrentes (avec certains autres virus : BRoV et BVDV), le statut immunitaire des veaux (6, 15, 29, 56, 87). Au niveau de la circulation du BCoV dans les élevages laitiers, certains facteurs de risques d’une séropositivité à l’échelle du troupeau ont été mis en évidence : location géographique, grande taille de l’élevage, achat de bovins à l’extérieur, proximité d’autres élevages (74).

Des méthodes de diagnostic qui sous-estiment la prévalence du BCoV ?

Le diagnostic de la diarrhée néonatale à coronavirus se réalise d’une part sur des prélèvements de fèces, à l’aide de plusieurs méthodes : Elisa, hémagglutination sur érythrocytes de souris, RT-PCR (« reverse transcriptase polymerase chain reaction ») (29). Des kits multivalents pour les diarrhées néonatales du veau se sont développées ces dernières années, soit sur la base de la méthode Elisa, soit d’après une méthode d’immunochromatographie latérale (54). Les kits commerciaux rapides ont certes l’avantage de leur praticité au chevet des malades, mais leur sensibilité est généralement inférieure à celle des tests PCR pour la détection du BCoV dans les fèces (sensibilité diagnostique de l’ordre de 60 % en comparaison avec des tests RT-PCR) (41). Malgré une forte homologie génétique entre isolats digestifs et respiratoires, l’utilisation de ces tests rapides sur fèces parait en revanche trop peu sensible lors d’infection respiratoire à BCoV par rapport à la méthode PCR (30). Il est également possible de réaliser un diagnostic sérologique grâce à des kits Elisa dont les performances semblent très satisfaisantes en termes de spécificité et sensibilité (76), comme par exemple les tests de Bio-X® et Svanovir®, commercialisés en France. La sérologie peut être réalisée avec un objectif d’évaluation d’un statut infectieux (76) ou bien à titre individuel pour évaluer la qualité de la protection colostrale chez le veau.

Les affections respiratoires à BCoV : épidémiologie et clinique

Les formes cliniques respiratoires liées à l’infection par le BCoV

Les auteurs s’accordent à considérer deux syndromes cliniques respiratoires distincts en relation avec le coronavirus bovin (BCoV) (65) :

  1. Les maladies respiratoires du veau jusqu’à l’âge de 6 mois, souvent désignées sous l’appellation du syndrome « pneumonie (enzootique) du veau »,
  2. Les infections des jeunes bovins (6-10 mois d’âge) et bovins adultes associées depuis 1995 au complexe respiratoire bovin (« Bovine Respiratory Disease Complex » = BRDC), à la fièvre des transports (« shipping fever ») décrite dans les « feedlots ».

Leur prévalence était estimée en moyenne, à l’échelle nationale, de 11 à 100 %, sur une base sérologique, sur des animaux de 7 mois issus d’élevages laitiers et de « feedlots » dans un contexte nord-américain (80), et de l’ordre de 70 % (par test PCR) chez des jeunes bovins français importés en Italie (60).

Le rôle du BCoV dans les diarrhées des veaux est bien établi, mais son intervention dans le complexe des maladies respiratoires bovines a longtemps été et reste encore discuté (52). Le pouvoir pathogène du BCoV a souvent été considéré comme faible à modéré, notamment dans le cadre d’infections expérimentales (67 ; Tableau 2). Il faut aussi reconnaitre qu’il est parfois difficile de reproduire de la clinique respiratoire dans des conditions de laboratoire (épreuve virulente par le BCoV seul) (82). On a cependant acquis de plus en plus de preuves indiquant que le BCoV est un agent pathogène important pour le complexe respiratoire bovin (« bovine respiratory disease complex = BRDC »), notamment dans le contexte de l’engraissement, bien décrit dans les élevages nord-américains (24, 63, 65). Un certain nombre de publications soulignent le rôle pathogène respiratoire du BCoV seul dans les « feedlots » (36, 65). Si le coronavirus seul peut entrainer des épisodes respiratoires et digestifs graves chez les bovins laitiers adultes (21, 65), il est encore souvent considéré comme un initiateur d’infections respiratoires secondaires au sein du « BRDC » (24). Un regain d’intérêt scientifique pour les coronaviroses bovines respiratoires est apparu à la suite de l’émergence du syndrome respiratoire aigu sévère ou SRAS chez l’homme en 2002-2003. Ainsi, durant ces 10 à 15 dernières années, beaucoup de publications ont étudié le rôle pathogène et l’importance épidémiologique du coronavirus bovin dans le complexe respiratoire bovin (Bovine respiratory disease complex ou « BRDC » pour les anglo-saxons ; BPIE = Bronchopneumonies Infectieuses Enzootiques, en France). De nombreux agents pathogènes sont invoqués dans cette pathologie majeure des jeunes bovins : des virus (en particulier BoRSV = virus respiratoire syncytial bovin ; bPIV3 = virus Parainfluenza de type 3 ; BCoV = coronavirus bovin ; BVDV = virus de la maladie des muqueuses ; BoHV1 = virus de la rhinotrachéite bovine) et des bactéries (notamment Mannheimia haemolytica, Pasteurella multocida, Histophilus somni, Mycoplasma bovis).

Tableau 2 : Pouvoir pathogène des différents agents respiratoires bovins démontré lors d’infections expérimentales (d’après 67).

Tableau pouvoir pathogène des différents agents respiratoires bovins démontré lors d’infections expérimentales

Les pneumonies du veau : importance épidémiologique et facteurs de risques

Cette pathologie est décrite principalement chez les veaux de 2 à 6 mois, soit par des signes respiratoires modérés (toux, rhinite, trachéite), soit par des signes de pneumonie avec dyspnée, détresse respiratoire, fièvre et anorexie (21, 63, 65). Ces symptômes peuvent s’accompagner de troubles digestifs (diarrhées), qui, dans le cadre de l’étude réalisée en Italie sur 4 épisodes infectieux en élevage (21), s’étendaient à d’autres catégories de bovins (génisses et vaches laitières). Une des explications du passage des troubles respiratoires vers une atteinte digestive peut être l’ingestion de grandes quantités de sécrétions nasales très riches en virus (65). Le diagnostic au laboratoire se réalise à partir d’écouvillons nasaux, rectaux voire oculaires et l’isolement du virus se fait par une méthode d’amplification génique en temps réel (RT-PCR) (21). Les tests PCR font l’objet d’une bonne sensibilité, à condition de prélever plusieurs animaux en début d’infection. La sérologie est également intéressante pour étudier la séroconversion (cinétique) ou établir un statut d’élevage (70).

La prévalence du coronavirus bovin dans les pneumonies du veau a fait l’objet de quelques études épidémiologiques récentes en France, souvent dans des régions d’élevage allaitant. Des tests PCR étaient souvent réalisés, selon les études, sur la base d’écouvillons nasopharyngés (ENP), de liquide d’aspiration transtrachéale (ATT), de liquide bronchoalvéolaire (LBA) sous endoscopie, voire de morceaux de poumons (tous prélèvements sur veaux malades ou  morts). Une synthèse non exhaustive d’études de prévalence réalisées dans des conditions d’élevage françaises, voire européennes, sur la base d’analyses de type PCR sur prélèvements divers, figure dans le Tableau 3.

Tableau 3 : Synthèse d’études de prévalence du BCoV dans les pneumonies du veau.

Synthèse d’études de prévalence du BCoV dans les pneumonies du veau
*L = laitier – A = allaitant
**ENP=écouvillon naso-pharyngé – ATT=aspiration transtrachéale – LBA=liquide bronchoalvéolaire

Certaines publications font état de proportions plus ou moins importantes de veaux cliniquement sains porteurs du BCoV au niveau de l’appareil respiratoire profond (diagnostic basé sur des techniques RT-PCR) : 33 % sur la base de prélèvements de poumons (30), 38% sur la base des ENP (39).

Lors de co-infections, les agents pathogènes respiratoires les plus souvent isolés avec le BCoV sont le BoRSV (51, 57, 72) et Pasteurella multocida (44). Une étude récente réalisée dans 16 troupeaux laitiers de l’Ouest de la France a évalué, par sérologie Elisa semi-quantitative, l’exposition des veaux aux principaux agents majeurs de bronchopneumonies : sur la base de prélèvements de sérums de 20 génisses par élevage, tous les élevages ont été exposés à Mannheimia haemolytica et aux virus BoRSV, bPIV3, BoCV et Adénovirus ; dans plus de 50% des élevages, moins d’un veau sur deux avait des niveaux d’anticorps sériques élevés avant sevrage et plus d’un veau sur deux avait séroconverti vis-à-vis du BoCV (40 ; Figure 1).

Figure 1 : Distribution des titres Elisa IgG BCoV (0 à +++++) en fonction de l’âge des veaux aux moments de prélèvements (n= 320 veaux – 16 élevages) (40).

Distribution des titres Elisa IgG BCoV en fonction de l’âge des veaux aux moments de prélèvements

Les facteurs de risques significatifs de la détection du BCoV sur des veaux malades en élevage sont : la présence de Mannheimia haemolytica (Odds Ratio = 2,8), la taille d’élevage (par accroissement de 100 animaux) (Odds Ratio = 1,3), la détection du coronavirus bovin par Elisa sur fèces de veaux l’année précédente (Odds Ratio = 3,6) (57) et l’absence de titres IgG spécifiques à l’entrée en engraissement de veaux de boucherie (Hazard Ratio = 1,7) (56). Des veaux élevés dans des troupeaux laitiers séropositifs au BCoV ont un risque significativement accru (Odds Ratio = 3,9) de développer une affection respiratoire par rapport à des élevages séronégatifs (31). La séropositivité au BCoV dans un troupeau laitier est associée à un risque accru de séropositivité au BCoV (74). Les cellules de l’appareil respiratoire superficiel et profond des bovins sont sensibles à une infection par le BCoV dont une conséquence est une activation, à la surface de ces cellules, de l’expression des récepteurs à la bactérie Pasteurella multocida (25). De nouvelles techniques de diagnostic (hybridation in situ couplée à l’histologie) ont confirmé la présence de BCoV dans les lésions des épithéliums trachéal et pulmonaire sur des veaux malades (63).

Les bronchopneumonies enzootiques des jeunes bovins : clinique et épidémiologie

Les bronchopneumonies infectieuses enzootiques (BPIE), couramment dénommées sous le terme « complexe respiratoire bovin » (CRB), sont les principales maladies rencontrées dans les ateliers d’engraissement de jeunes bovins (JB) et représentent ainsi de 75 à 80 % de l’ensemble des maladies observées durant la période d’engraissement (5). La symptomatologie décrite dans le cas des infections respiratoires à BCoV chez des jeunes bovins de 6 à 10 mois d’âge en moyenne inclut des signes respiratoires classiques (toux, dyspnée, pneumonie, rhinite, fièvre, +/- anorexie) avec une excrétion par les voies nasale (maximum de 28 jours), fécale (maximum de 35 jours) voire oculaire (65, 66). La mortalité est possible, spécialement lors de surinfections avec des pasteurelles : elle a bien été étudiée dans les « feedlots » américains et intervient surtout dans les premières semaines suivant l’entrée en engraissement (5 à 36 jours après apparition des symptômes) (65). Dans les « feedlots », la séroconversion au BCoV est massive (91-95 %) dans les trois semaines après l’arrivée des jeunes bovins (65), avec des titres en anticorps multipliés par 2 à 4 (66). Sur des jeunes bovins américains à l’entrée en « feedlots », des auteurs mettent en évidence une incidence des excrétions nasale et fécale de BCoV respectivement de 84 et 96 % (33).

On dispose de deux études récentes de prévalence du BCoV chez les jeunes bovins d’engraissement élevés en France. La première publication a été réalisée dans le cadre du projet WelHBeeF, dispositif expérimental mis en place pour évaluer l’incidence de la préparation sanitaire des broutards dans les ateliers d’engraissement. Les prélèvements réalisés sur les JB au début de la période d’engraissement (préparés et témoins) ont révélé la présence de BCoV (81 % des échantillons), loin devant Pasteurella multocida (47 % des échantillons) puis, dans une moindre mesure, d’Histophilus somni et de Mannheimia haemolytica (<10 % des échantillons collectés), dans un contexte préalable de vaccination trivalente (VRSB, BPI3, Mannheimia haemolytica) sur les JB préparés (81). Une seconde série d’études a envisagé le suivi de JB de race Limousine de 6 à 10 mois d’âge transportés de France vers le Sud de l’Italie (transport par camion sur une longue distance). Dans une première publication de cette équipe italienne (18), relatant le suivi de 51 JB, la prévalence du BCoV est passée de 23,2 % (avant le transport) à 75% (4 jours après l’arrivée en Italie), sur la base de tests PCR sur ENP. Lors d’une seconde étude, une RT-PCR a été réalisée sur des ENP directement à l’arrivée de 231 JB dans les « feedlots ». Le BCoV était l’agent pathogène viral le plus fréquemment détecté par PCR avec une positivité globale de 70,1 % sur tous les JB (74,6 % chez les bovins malades versus 63,4 % chez les animaux sains) (60).

Les coinfections sont fréquentes, surtout avec les pasteurelles (M. haemolytica et P. multocida, bactéries présentes dans les cavités nasales), mais aussi avec les virus (BoRSV, bPIV3, BVDV) (60, 64, 65). On peut notamment souligner le rôle du BVDV qui exacerbe le pouvoir pathogène du BCoV (64) tout en allongeant la durée d’excrétion de ce coronavirus (61). Une étude récente (35), conduite sur plus de 15 000 broutards de race charolaise, a confirmé certains facteurs favorisant la survenue de troubles respiratoires en engraissement : aucune vaccination des animaux avant le sevrage contre les maladies respiratoires, provenances multiples, grande distance de transport, hétérogénéité du poids lors de l’allottement au centre de tri. Par rapport spécifiquement aux infections respiratoires à BCoV, on peut citer d’autres facteurs de risques mis en évidence dans la bibliographie : l’administration de traitements antibiotiques collectifs (par effet de relargage des lipopolysaccharides bactériens) et de traitements corticoïdes (effet immunosuppresseur) (65) ; la saison avec un pic de maladies entre novembre et mai (52) ; la dose et la voie d’infection ; les coinfections par d’autres agents pathogènes respiratoires ; une altération du microbiote du tractus respiratoire (dysbiose) (66). Des jeunes bovins qui excrètent ou séroconvertissent au BCoV en début d’engraissement ont plus de risques de développer un trouble respiratoire (33). Ce qui ne serait pas le cas pour des animaux arrivant en « feedlot » déjà avec des forts taux d’anticorps contre le BCoV (séroconversion probable chez le naisseur) (65). Des jeunes bovins en « feedlots », ayant un écouvillon nasal positif en PCR BCoV lors des premiers épisodes respiratoires en engraissement, ont près de 14 fois plus de risque de mourir par la suite que des animaux négatifs (Odds Ratio = 13,73) (8).

L’immunité dans les coronaviroses bovines

L’immunogénicité du BCoV est supportée par les protéines de structure, principalement la protéine S, mais aussi les protéines N, M et HE (48). Ainsi, les 2 protéines S et HE, impliquées dans l’attachement du virus aux cellules de l’hôte, induisent la formation d’anticorps neutralisants au BCoV (66). La réponse immunitaire à une infection par le BCoV, qu’elle soit à tropisme digestif ou respiratoire, est essentiellement systémique, à travers notamment l’apparition d’anticorps (IgG, IgM) 7 à 8 jours après l’infection. Il existe aussi une immunité mucosale, de plus faible importance, illustrée par l’apparition d’IgA dans diverses sécrétions, dont les sécrétions nasales et le fluide bronchique (34).

Immunité et coronaviroses digestives néonatales

Réponse immunitaire et protection ont été globalement mieux étudiées pour les infections digestives à BCoV que pour les infections respiratoires, moins cependant que pour les infections à BRoV. L’immunité passive d’origine colostrale est composée d’immunoglobulines (isotype dominant : Ig G1), concentrées dans la mamelle à partir du pool sanguin de la vache dans les 3 semaines précédant le vêlage, puis transmises au veau via le colostrum, avec une résorption non sélective et transitoire (24 à 36 heures) dans l’intestin grêle du veau. La plupart des colostrums contiennent des anticorps contre le BCoV, en raison de la forte prévalence sérologique du virus (69). Par ailleurs, il y a un enrichissement possible du sérum des vaches en anticorps par multiples contacts avec des souches de BCoV (9). L’action des immunoglobulines est orientée essentiellement vers la protéine S du virus. Il existe une corrélation entre la qualité de l’immunité passive et les niveaux de titres en IgG1 dans le sérum et le colostrum des vaches. Lors d’un suivi de veaux d’un élevage laitier dans lequel circule le coronavirus bovin de manière active, les veaux avec des titres élevés d’IgG1 spécifiques contre le BCoV (≥1024 par une méthode Elisa) étaient bien protégés contre l’infection virale, tandis que les animaux avec de faibles titres d’IgG1 (<1024) étaient souvent infectés par le BCoV (10). La persistance des anticorps maternels dans le cas du coronavirus est de l’ordre de 3 semaines (15). L’interférence entre l’immunité passive et l’immunité active humorale a notamment fait l’objet d’une publication pour le BCoV : la réponse immunitaire active, suite à une stimulation par le BCoV sur des veaux de 1 à 2 jours d’âge, au niveau sérique (IgG1, Ig A, Ig M) et mucosal (IgA, Ig M) est nettement diminuée chez des veaux ayant reçu un colostrum très riche en anticorps dans les 24 premières heures de vie, en comparaison des veaux à qui l’on a administré un colostrum pauvre en anticorps (34).

Immunité et infections respiratoires par le BCoV

L’immunité mucosale au niveau de l’appareil respiratoire supérieur suite à une infection naturelle par le BCoV est de courte durée, ce qui permet la répétition d’infections, avec des épisodes d’excrétion récurrente ou intermittente et des augmentations modérées et inconstantes des titres en anticorps (66). La relation entre l’immunité induite par les infections respiratoires à BCoV et la protection n’est pas clairement définie. Le titre en anticorps sériques contre le coronavirus bovin pourrait être un marqueur de la protection respiratoire des veaux et des bovins d’engraissement contre la survenue d’une maladie respiratoire, par l’intermédiaire d’anticorps spécifiques appartenant à différents isotypes (IgG1, IgG2, IgA) (66) : cette protection est tant clinique (diminution des pneumonies) qu’épidémiologique (réduction de l’excrétion de BCoV). La corrélation serait donc élevée entre le niveau en anticorps sériques spécifiques (mesurés par séroneutralisation ou inhibition de l’hémagglutination) et la protection (au moins partielle) contre les infections respiratoires à BCoV (82). Pour d’autres auteurs, il peut être difficile de distinguer si ces anticorps sériques sont corrélés à la protection ou s’ils sont le témoin d’une infection naturelle digestive ou respiratoire antérieure par le coronavirus bovin (12). Une étude a été menée dans trois élevages allaitants du Nebraska dans lesquels les veaux sont atteints de troubles respiratoires entre 74 et 141 jours d’âge (avec un rôle primaire du BCoV) (86) : les auteurs n’ont pas mis en évidence de relation significative entre les niveaux d’anticorps dirigés contre le BCoV d’une part et l’incidence des bronchopneumonies ou le niveau d’excrétion du coronavirus bovin d’autre part. Dans une étude conduite sur veaux de boucherie en Belgique (56), les auteurs ont identifié, parmi les risques significatifs de déclencher une affection respiratoire dans les 18 jours suivant l’entrée en atelier d’engraissement, le statut séronégatif vis-à-vis du BCoV des veaux à leur arrivée. La différence entre ces deux études pourrait s’expliquer par l’âge des animaux et leur historique d’infection (avec intervention ou non d’une mémoire immunitaire).

Figure 2 : Courbe de survie suite à une infection respiratoire due au BCoV chez les veaux de boucherie dans les premières semaines suivant l’arrivée en engraissement, selon la concentration d’immunoglobuline (Ig en g/L) mesurée à l’arrivée des animaux (56).

Courbe de survie suite à une infection respiratoire due au BCoV chez les veaux de boucherie dans les premières semaines suivant l'arrivée en engraissement

Immunité croisée entre souches : quelle réalité ?

Pour certains spécialistes des coronavirus bovins, on peut attendre un niveau élevé d’immunité croisée entre isolats digestifs et respiratoires d’une part, entre souches de BCoV et souches « BCoV-like » d’autre part (66, 82). Un certain nombre d’arguments viennent conforter cette position : un unique sérotype de BCoV, une identité nucléotidique forte entre souches (43), une évolution possible du tropisme du virus BCoV (isolats digestifs vers isolats respiratoires) (7), l’existence de diverses formes cliniques générées par une même souche (77). Dans une étude expérimentale (17), tous les veaux gnotobiotiques de moins d’un mois d’âge, inoculés avec des souches de BCoV issus de cas cliniques respiratoires et digestifs (GENN et WD), ont développé de la diarrhée, ont récupéré puis, après épreuve virulente avec des souches homologues ou hétérologues de BCoV (correspondant aux 3 tableaux cliniques précédemment évoqués), ont été protégés contre les maladies digestives associées au BCoV. Des vaches adultes non gestantes, non allaitantes, séropositives, inoculées expérimentalement par une souche de BCoV (voies orale et intranasale), ont toutes séropositivé et déclenché une diarrhée transitoire avec excrétion virale dans les fèces, mais sans clinique respiratoire et avec excrétion nasale dans seulement 20 % des cas, suggérant une protection partielle sur l’infection respiratoire (79). Cette immunité croisée est questionnée par certains auteurs, notamment sur la base de différences antigéniques entre isolats issus de clades ou sous-clades différents (souches entériques de clade 1 ; souches respiratoires de clades 2a, 2b, 2c) (28).

Les vaccins et la vaccination vis-à-vis des coronaviroses bovines

Les enjeux et stratégies de la vaccination contre le BCoV

L’objectif de la vaccination contre le BCoV (agent pathogène pneumoentérique mucosal) est de conférer une protection large contre les infections digestives et respiratoires sévères conduisant à de la mortalité et une augmentation des traitements, grâce à l’utilisation de vaccins pouvant atteindre les deux sites de réplication du virus (tractus respiratoire et intestinal) et y être efficaces (82). Des moyens d’y parvenir sont par exemple la vaccination des mères pour protéger les veaux via l’immunité passive colostrale ou la vaccination des veaux ou jeunes bovins avant leur entrée en atelier d’engraissement ou en « feedlots » (59, 82). Des études seraient nécessaires pour savoir si une stratégie optimale ne serait pas de développer des vaccins associant des souches isolées à partir de différents syndromes dus au BCoV, ceci pour assurer une protection plus large (65). Le concept de protection croisée entre souches à tropisme différent (entérique versus respiratoire) fait aussi l’objet de débats dans la communauté scientifique. Ainsi il y aurait des différences antigéniques entre des souches vaccinales (vaccins entériques commercialisés aux USA) classées dans le clade 1 et des isolats respiratoires de BCoV provenant d’infections naturelles (Oklahoma) classés dans le clade 2 (28). Il existe actuellement à travers le monde deux types de vaccins contre le BCoV : des vaccins inactivés, souvent multivalents, injectés aux mères avant le vêlage pour protéger les veaux en période néonatale, via l’immunité passive colostrale ; des vaccins vivants atténués, par voie intranasale (IN), administrés dès 1 jour d’âge (en moyenne à 3 à 4 jours de vie), voire plus tard avant l’entrée des veaux en atelier d’engraissement (73). Une hypothèse serait que les vaccins vivants atténués par voie IN pourraient induire une réponse immunitaire innée immédiate avec production d’interféron, résultant en une mise en place rapide de la protection (65). Si les anticorps neutralisants contre le BCoV sont corrélés à la réponse immunitaire vis-à-vis d’une infection respiratoire, des vaccins vivants atténués par voie injectable capables de « booster » de faibles taux d’anticorps sériques pourraient induire un certain niveau de protection (66).

La vaccination contre le BCoV doit par ailleurs faire face à un certain nombre de « challenges » (82) :

  • La nature ubiquitaire des infections à BCoV,
  • Un manque de données publiées sur l’efficacité des vaccins actuellement disponibles,
  • La courte durée de l’immunité locale (mucosale),
  • L’immaturité immunitaire du veau,
  • L’interférence potentielle avec les anticorps maternels.

La gestion de la vaccination nécessite de prendre en compte un certain nombre de paramètres (48, 82) :

  • Le ciblage des groupes d’âges à vacciner,
  • L’évaluation du statut ou stade de production,
  • L’introduction de bovins venant de l’extérieur dans l’élevage,
  • Le retour sur investissement du vaccin,
  • Le respect des bonnes pratiques de vaccination (conservation du vaccin, matériel de vaccination, …),
  • Le « management » de la phase colostrale (qualité et quantité de colostrum, transfert passif et absorption).

La vaccination contre les formes digestives : un outil de maîtrise

Le contrôle des coronaviroses digestives intègre des mesures zootechniques, sanitaires et médicales. Les stratégies vaccinales que l’on développe pour protéger les veaux des GENN visent à induire un transfert colostral (surtout) et lacté (dans une moindre mesure) de composants immunitaires, dont les anticorps (base de l’immunité humorale, qui est la plus souvent étudiée). Les vaches gestantes sont ainsi vaccinées en fin de gestation à l’aide vaccins inactivés ou vivants. Dans le cas des coronavirus, l’immunité active du veau nouveau-né pourrait être également proposée (69). En France ne sont autorisés que des vaccins destinés à la vaccination des vaches seulement : ils sont majoritairement inactivés et toujours multivalents (Coronavirus + Rotavirus + E. coli).  Outre-Atlantique sont disponibles des vaccins vivants atténués administrés par voie intranasale aux veaux dans les jours suivant leur naissance : cette voie d’administration induit une immunité locale au niveau des muqueuses et pourrait permettre de mieux surmonter la barrière des anticorps maternels qu’un vaccin parentéral (84). En France, un vaccin vivant atténué administré par voie orale chez les veaux a été autrefois commercialisé (69). L’impact de la vaccination sur l’incidence des diarrhées néonatales en élevage est toujours délicat à évaluer, car les élevages ayant mis en place un protocole de vaccination sont souvent ceux ayant un fort historique de diarrhées néonatales (11). La vaccination et la bonne distribution du colostrum sont deux pratiques complémentaires, et la rentabilité de la vaccination est surtout assurée dans les situations pour lesquelles le transfert d’immunité maternelle via le colostrum n’était pas satisfaisant ; la rentabilité vaccinale est très sensible à l’efficacité du vaccin, que cela soit sur la prévention des diarrhées ou sur la mortalité en élevage allaitant (4). Pour autant, la nécessaire réduction de la prescription des antibiotiques en élevage (dans le cadre des plans Ecoantibio en France) va certainement favoriser le développement de la vaccination, encore peu pratiquée vis-à-vis des diarrhées néonatales, notamment en élevage laitier : 25% des élevages selon une enquête réalisée en 2013 sur 402 éleveurs de bovins (23), 19% selon une estimation datant de 2019 (Source : E. Vandaële, Conférence annuelle du SIMV, juin 2020). Les données d’efficacité sur le terrain des vaccins dirigés contre les GENN par rapport à la valence « coronavirus » sont moins nombreuses que celles dont on dispose pour E. coli voire pour les rotavirus (26, 69). Une méta-analyse a été publiée récemment (47) à propos de la vaccination contre les diarrhées néonatales du veau : sur 115 articles retenus par les auteurs, 14 concernaient la valence Coronavirus dans les vaccins (toujours associée aux valences BoRV +/- E. coli +/- BVDV +/- Parvovirus bovin), dont 10 mentionnaient la vaccination des vaches et 4 la vaccination des veaux. Sur les 6 élevages comparant bovins vaccinés versus témoins, les résultats sanitaires étaient variables entre effet significatif ou pas d’effet de la vaccination. L’administration d’un vaccin trivalent (Coronavirus + Rotavirus + E. coli F5) à des vaches 31 jours avant vêlage entrainait une forte induction d’anticorps dans le sérum des veaux ayant bu le colostrum de leurs mères, ceci jusqu’au moins 28 jours après la naissance (20). La mise en place d’une prévention vaccinale (Coronavirus + Rotavirus + E. coli F5) et chimique (vis-à-vis des cryptosporidies) dans 13 élevages belges ayant une incidence de GENN supérieure à 10 %, en comparaison d’élevages témoins non vaccinés, a permis de réduire significativement l’incidence globale des diarrhées (14,3 % versus 39,7 %), sans réduction de l’excrétion du coronavirus bovin (50). Enfin, sur la base de près de 900 prélèvements fécaux issus d’élevages laitiers en allaitants entre 2015 et 2017, la fréquence de détection du BCoV était plus faible chez les veaux nés de mères vaccinées (3,3 %) que chez les veaux nés de mères non vaccinées (12,2 %) (Odds Ratio : 4,02) (15).

La vaccination à tropisme respiratoire : un intérêt pour les élevages bovins ?

En dépit d’un impact économique parfois important, aucun vaccin dirigé contre les coronavirus respiratoires n’a encore été développé pour prévenir les pneumonies associées au BCoV chez les jeunes veaux ou chez les jeunes bovins dans le cadre du complexe respiratoire bovin (66). Seule a été démontrée, dans une étude américaine, l’intérêt d’une vaccination intranasale de jeunes bovins (à l’entrée en « feedlots ») à l’aide d’un vaccin vivant atténué commercial incluant une souche de coronavirus entérique de veau dans la réduction des traitements antibiotiques prescrits vis-à-vis des affections respiratoires (59). De manière similaire, il a été montré une très bonne immunité croisée (par un test de séroneutralisation) entre une souche vaccinale isolée en 1994 et des souches de terrain de BCoV isolées entre 1994 et 2005 (45).

Le taux d’anticorps anti-BoCV (mesuré à l’aide d’un test Elisa) au sevrage pour un groupe de veaux était corrélé négativement à l’incidence des maladies respiratoires pour ces veaux après leur entrée en atelier d’engraissement, ce qui suggère que les veaux infectés par le BoCV avant le sevrage étaient en partie protégés contre un nouvel épisode respiratoire après le sevrage et l’arrivée en unité d’engraissement (85).

Un plan national de contrôle : exemple de la Norvège

Enfin, la Norvège est le premier pays au monde à avoir lancé en 2016 un programme national, sur trois ans, de lutte contre le BCoV (et conjointement le BRSV) dans les élevages bovins (très majoritairement laitiers). C’est une initiative conçue avec les organisations de producteurs et la participation est volontaire (75). Les élevages norvégiens sont souvent familiaux et de petite taille, plutôt de type extensif et souvent éloignés les uns des autres : 27 vaches laitières en moyenne avec renouvellement du cheptel par élevage de leurs propres génisses ; 23 vaches allaitantes en moyenne avec élevage des veaux jusqu’à l’abattage (70). La prévalence estimée du BCoV, sur un échantillon d’élevages laitiers s’élevait à 39,3 % sur des veaux laitiers (31), 72,2 % sur lait de tank par méthode Elisa (75, 76). L’objectif du plan était de réduire le taux de nouvelles infections pour les deux virus de 50 à 10 %. La stratégie du plan est de classer tous les troupeaux en fonction du statut en anticorps BoRSV/BCoV (séropositif ou séronégatif) et de protéger les bovins des troupeaux positifs et négatifs contre l’infection grâce à des mesures drastiques de biosécurité. La vaccination ou le traitement antimicrobien n’étaient pas inclus dans la mise en œuvre de ce plan (70). Plus précisément, la classification des troupeaux laitiers est basée sur l’examen sérologique (1) du lait de tank, puis si positivité (2) des échantillons de laits « en pool » issus de vaches primipares, et enfin si positivité 3) des prélèvements « en pool » de sérums de jeunes animaux. Les mesures de biosécurité visent à protéger les élevages de l’introduction des virus de manière directe (bovins vivants) et indirecte (fomites, visiteurs). Les mesures essentielles sont notamment l’achat d’animaux issus de troupeaux séronégatifs ou le partage de pâturage uniquement avec des troupeaux séronégatifs, le transport séparé de bovins issus d’élevages séropositifs et séronégatifs, l’aménagement d’aires de chargement des bovins, une restriction des visites, le changement de vêtements et bottes avant l’entrée en élevage, un sas avec douche… Il y a une « hotline » pour déclaration rapide d’épisodes respiratoires ou digestifs en élevage. Le statut « sain » d’un élevage est valorisé par un « bonus » économique lors de la vente de jeunes animaux ou de reproducteurs (70). Sur une période entre juillet 2017 et décembre 2018, a été relevée une réduction du taux d’élevages séropositifs de 41,5 à 17,3 %, ainsi qu’une diminution de 50 % des épisodes infectieux respiratoires en élevage (37).

Conclusion

L’implication du coronavirus bovin dans le complexe des diarrhées néonatales du veau est communément admise, mais son rôle pathogène est généralement modéré, quand il n’intervient pas en association, en regard de l’importance épidémiologique des cryptosporidies, colibacilles et rotavirus. Les mesures d’hygiène et de biosécurité, la vaccination et la bonne prise colostrale, l’isolement du veau en élevage laitier sont indispensables dans la maîtrise des gastro-entérites du veau nouveau-né. Le coronavirus bovin est considéré comme l’un des agents pathogènes intervenant dans le complexe des maladies respiratoires bovines : sa prévalence semble certes augmenter dans le contexte actuel, mais son pouvoir pathogène intrinsèque est encore à préciser. En l’absence actuellement de solution vaccinale, il convient de respecter des mesures zootechniques et sanitaires : nettoyage et désinfection des locaux et du matériel, biosécurité vis-à-vis de l’extérieur de l’élevage. Compte-tenu de l’association fréquente du BCoV avec d’autres agents pathogènes à tropisme respiratoire dans le complexe des bronchopneumonies infectieuses, selon les élevages, il peut être conseillé d’envisager une vaccination ciblée contre des virus et bactéries souvent considérés comme majeurs (par exemple, le virus respiratoire syncytial bovin BoRSV et Mannheimia haemolytica). La vaccination, qu’elle soit à visées digestive ou respiratoire, reste un outil essentiel dans la réduction des maladies infectieuses, donc des prescriptions d’antibiotiques et la lutte contre l’antibiorésistance.

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