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AU CŒUR DU LAIT

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Boiteries, Alimentation, état Corporel En Période Sèche Et Pathologies Péripartum*.

Boiteries, alimentation, état corporel en période sèche et pathologies péripartum*.

Durant la période de transition (3 semaines avant et 3 semaines après le vêlage), les vaches laitières présentent un risque élevé de développer des maladies infectieuses et métaboliques. Des modifications du métabolisme, la diminution de l’ingéré en matière sèche dans les semaines précédant le vêlage sont souvent associées à l’apparition de deux maladies dites “de transition” : la métrite et la cétose subclinique. Par ailleurs, les boiteries en période sèche seraient, d’après certaines publications, associées à une diminution des temps d’alimentation et une réduction de la durée de lactation. D’où l’hypothèse que les boiteries durant le tarissement entraineraient une diminution de l’ingéré alimentaire, résultant en une balance énergétique négative et une plus forte perte d’état corporel avant vêlage, à l’origine d’une sensibilité accrue aux maladies “de transition”.

Cette étude canadienne avait un double objectif :

  1. Comparer l’incidence des 2 principales maladies « de transition » (métrite, cétose subclinique) entre vaches « boiteuses » et saines,
  2. Evaluer si les boiteries sont associées aux maladies « de transition » à travers des modifications du comportement alimentaire et une perte d’état corporel en période sèche.

Un total de 461 vaches provenant de 6 élevages laitiers situés en Colombie Britannique, en stabulation libre, a été inclus dans l’étude 9 semaines avant la date prévue de vêlage ; chaque semaine, une note de boiterie leur a été attribuée sur une échelle de 0 à 5 (une vache était considérée comme « boiteuse » lors de 2 contrôles successifs avec une note de 3 ou lors de tout contrôle avec un score supérieur à 3), ceci jusqu’au vêlage. Le statut « boiteries » était apprécié sous 3 critères :

  • vache « boiteuse » ou non en première semaine de tarissement (inclusion) ;
  • vache « boiteuse » ou non durant la période entière de tarissement (notations hebdomadaires) ;
  • proportion de semaines où la vache est « boiteuse » en période sèche.

De plus, une notation de l’état corporel des animaux était réalisée durant la période de tarissement (5 mesures) et lors du vêlage. Un sous-groupe de ces vaches (159 animaux) a été suivi durant la phase de tarissement à raison d’un contrôle par semaine afin de mesurer les temps d’alimentation. Enfin, toutes les vaches ont été contrôlées quant à la présence de cétose subclinique (teneur sanguine en β-hydroxybutyrate : positivité pour taux ≥ 1,2 mmol/l) et de métrite (appréciation visuelle des écoulements vaginaux : présence, consistance, odeur ; échelle de 0 à 4), ceci tous les 3 à 4 jours sur une période allant de 3 à 17 jours après vêlage.

Ont également été enregistrées durant cette même période en post-vêlage des données cliniques et thérapeutiques sur d’autres maladies « de transition » : rétention placentaire, hypocalcémie, déplacement de la caillette.

Les principaux résultats de cette étude sont les suivants :

  • Prévalence des boiteries : les proportions de vaches « boiteuses chroniques », toujours saines et avec un statut de boiteries évoluant au cours du tarissement ont été respectivement de 23, 33 et 43 %.
  •  Boiteries et maladies « de transition » : la présence d’une boiterie au tarissement est significativement associée à l’apparition de maladies péripartum de manière générale et plus particulièrement de métrites … mais par contre aucune relation entre boiterie et cétose subclinique n’a été mise en évidence. Ainsi, les vaches à boiteries chroniques ou avec une proportion accrue de semaines avec un statut « boiteux » en période sèche avaient un risque significativement supérieur de présenter une métrite ou une maladie « de transition » au sens large (risque augmenté de 9 % pour un accroissement de 10 % de cette proportion de temps avec boiterie).
  • Boiteries et comportement alimentaire : la présence de « boiterie » est significativement associée à une réduction de la durée d’alimentation : en moyenne 20 minutes de moins par jour de temps d’alimentation en comparaison aux vaches saines.
  • Comportement alimentaire et maladies « de transition » : l’accroissement du temps d’alimentation durant les jours précédant le vêlage est significativement associé à une réduction du risque de développer une maladie « de transition ».
  • Boiteries et état corporel : les troubles locomoteurs en période sèche ne sont pas associés à des variations d’état corporel. Cependant, les vaches ayant perdu de l’état en période sèche ont plus de risques de développer une maladie « de transition », particulièrement cétose subclinique et métrite.

En conclusion, les résultats de cette étude soutiennent l’hypothèse d’une association entre boiteries en période sèche et maladies « de transition », ce qui rend nécessaire un diagnostic précis des vaches « boiteuses » au tarissement. Un des mécanismes expliquant cette relation est la réduction des temps d’alimentation en période sèche.

*NDLR : cette publication fait suite aux travaux de la même équipe canadienne (Daros et al) concernant l’épidémiologie des boiteries des vaches laitières en période sèche (cf. : Newsletter « Au cœur du lait » de Novembre-Décembre 2019).

Résumé Publication “The relationship between transition period diseases and lameness, feeding time, and body condition during the dry period.”

Daros R.R., Eriksson H.K., Weary D.M., von Keyserlingk M.A.G.

Journal of Dairy Science. November 2019. 103: in press.

GP-R-FR-NON-200200003