Actualités scientifiques

Brèves de traite août 2022

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reproduction REPRODUCTION : écoulement vaginal purulent chez les vaches au pâturage

Dans des élevages à prédominance de pâturage, les vaches Holstein présentant un écoulement vaginal purulent (EVP) dans les 21 jours post-vêlage, ayant eu une production laitière élevée au cours de la lactation précédente, étaient cinq fois plus susceptibles de ne pas être fécondées, avaient deux fois plus de risques de nécessiter plus d’une IA pour être gestantes et de concevoir au-delà de 100 jours post-partum. Ces vaches avaient également en moyenne un intervalle vêlage-IA fécondante de 12 jours supérieur à celui des vaches en bonne santé. Cette équipe de scientifiques irlandais a suivi 440 vaches issues de cinq élevages laitiers avec des vêlages répartis entre janvier et avril puis une période de pâturage jusqu’en novembre. Un score était attribué aux vaches par un système de notation du mucus vaginal dans les 21 jours post-partum. La prévalence globale des écoulements purulents vaginaux s’est élevée à 60 %. S’il n’y a pas eu de différences significatives sur le niveau de production laitière et la composition du lait entre les vaches saines et atteintes d’EVP, les effets de cette manifestation clinique sur différents critères de reproduction (fertilité essentiellement) ont été significatifs. (Ryan et al, Journal of Dairy Science, 2019, 103 : 666-675).

économies ÉCONOMIE : stratégie de réforme des vaches et politique agricole nationale

Les changements successifs de la politique agricole, depuis la période des quotas laitiers jusqu’à la réglementation sur les phosphates, n’a pas modifié la stratégie de réforme des vaches laitières et donc du renouvellement des troupeaux laitiers aux Pays-Bas. Des spécialistes néerlandais (Universités d’Utrecht et Wageningen) ont analysé le comportement des éleveurs laitiers en termes de stratégie de renouvellement du troupeau laitier en fonction de la politique agricole alors en place aux Pays-Bas, soit la période avant et après la mise en place des quotas laitiers (soit avant 2015 : MQ ; soit après 2015 : PMQ) puis la réglementation sur les phosphates (PH) à partir de 2017. La base de données analysée a concerné plus de six millions de vaches laitières pour près de 20 000 élevages entre 2009 et 2019. La longévité moyenne des vaches laitières incluses dans l’analyse était de 441 semaines. La longévité médiane évaluée pour les périodes MQ, PMQ et PH était respectivement de 273, 271 et 256 semaines. Les facteurs de risque de la réforme des vaches tels que la production laitière moyenne, la parité, un ratio matières grasses/matières protéiques élevé, le nombre moyen d’IA par cycle sur toutes les parités étaient positivement associés à la longévité des vaches dans les trois périodes étudiées. Les facteurs de risque tels que la concentration moyenne de cellules somatiques du lait et un faible ratio matières grasses/matières protéiques étaient négativement associés à la longévité des vaches pour les trois périodes de politique agricole nationale. (Kulkarni et al, Preventive Veterinary Medicine, 2021, 193 : 105398 ; https://doi.org/10.1016/j.prevetmed.2021.105398 ).

bien-êtreBIEN-ÊTRE : mode d’élevage des veaux laitiers, santé et bien-être

Cette étude n’a trouvé aucune différence entre les veaux laitiers élevés individuellement et par paire en ce qui concerne leur santé, leur consommation de lait et d’aliments et leur croissance au cours des huit premières semaines de vie. Mais les veaux peuvent être davantage privés de comportements en relation avec leur mobilité à partir de la deuxième semaine d’âge lorsqu’ils sont logés individuellement. Sur la base de ces résultats, les auteurs concluent que, dans un élevage laitier, le logement par paire de veaux devrait être préféré au logement individuel dans les deux premiers mois de leur vie. Une équipe tchèque a suivi 66 veaux femelles, séparés de leurs mères dans les 12 heures suivant leur naissance, élevés individuellement jusqu’à leur mise en essai, soit entre 2 et 15 jours, puis séparés en deux groupes : 22 jeunes animaux logés individuellement (taille des cases : 1,4 x 2,6 m) et 44 veaux logés par paire (taille des cases : 2,8 x 2,6 m). Des critères comportementaux étaient enregistrés : déplacements dans la case, exploration, jeu, léchage, grattage, déjections… Le suivi zootechnique et sanitaire des veaux a duré 49 jours. Il n’y a pas eu d’effet du système de logement sur la fréquence des diarrhées, l’ingéré alimentaire et le gain moyen quotidien.(Buckova et al, Journal of Dairy Science, 2020, 104 : 19968 ; https://doi.org/10.3168/jds.2020-19968).

pictogramme-bouteille-laitQUALITÉ DU LAIT : influence du mode d’élevage sur les propriétés du lait 

L’évolution continue des principales races bovines laitières, du logement et du système de traite, ainsi que l’augmentation de la taille des troupeaux ont très probablement influencé les propriétés du lait cru, et donc les processus de transformation laitière. Le mode et la conduite de l’élevage laitier ont eu des effets significatifs sur de nombreux critères de qualité du lait. Ce sont les conclusions d’une vaste étude publiée en deux parties par une équipe suédoise sur l’influence de certains facteurs d’élevage ou environnementaux (ce dernier point est abordé dans la « brève » suivante). Dans cette première publication, les auteurs ont suivi 42 élevages laitiers répartis suivant deux modes d’élevage différents : ❶ des exploitations avec stabulation libre et système de traite automatique (AMS) ou salle de traite, ayant un nombre élevé de vaches en lactation (85 en moyenne), et principalement de race Holstein suédoise (SH) ; ❷ des fermes avec un logement sous forme de stalles entravées, ayant un nombre plus faible de vaches en lactation (30 en moyenne) et des races autres que SH (Swedish Red, Jersiaise). Le lait provenant des élevages avec le mode d’élevage ❷ avait des concentrations plus élevées de matières grasses et de protéines, et des concentrations de lactose plus faibles que le lait issu des exploitations de type ❶. Une plus forte concentration du lait en cellules somatiques (CCS) et une plus faible concentration d’acides gras libres ont été observées pour le lait récolté au niveau des élevages de type ❶ que dans le lait des fermes ayant le profil ❷. (Priyashantha et al, Journal of Dairy Science, 2020, 104 : 19650 ; https://doi.org/10.3168/jds.2020-19650).

pictogramme-bouteille-laitQUALITÉ DU LAIT : variations saisonnières de la composition du lait 

La variation observée des critères de qualité du lait cru de vache laitière est en partie influencée par la saison ou le mois calendaire. Les auteurs ont étudié la composition et les propriétés du lait cru utilisé pour la production de fromage durant une année entière de production (février 2016 à février 2017) afin de déterminer la variation mensuelle des différents critères de qualité du lait, ceci à partir de données collectées dans 42 élevages laitiers suédois (dont cinq en production biologique). Le lait produit durant la période de pâturage (à l’extérieur : juin à septembre) avait tendance à se différencier du lait prélevé au cours des autres mois (élevage en bâtiment). Les variables de qualité du lait qui ont montré la variation mensuelle la plus prononcée étaient la taille des micelles de caséine (inférieure pendant la période estivale) et le niveau de protéolyse totale dans le lait (plus élevé durant la période de pâturage). Les auteurs stipulent au départ qu’un changement de régime d’alimentation (pâturage ou bâtiment) semble être l’explication des différences saisonnières observées, mais ils concluent que des facteurs supplémentaires non explorés dans cette étude (intervenant comme covariables) doivent également contribuer à expliquer les différences de composition obtenues. (Priyashanta et al, Journal of Dairy Science, 2020, 104 : 1965 ; https://doi.org/10.3168/jds.2020-19651).

brebis BREBIS LAITIÈRE : pertes économiques dues à la toxoplasmose

La taille du troupeau, le système de production, la proportion d’avortements et les mesures de contrôle sont les principaux facteurs influençant les pertes économiques dues à la toxoplasmose, qui varient considérablement d’un troupeau à l’autre. Cette étude a estimé les pertes économiques liées aux foyers d’avortements toxoplasmiques dans un troupeau laitier (1 928 ovins) et un troupeau à viande (700 ovins) en Espagne, élevés respectivement dans des conditions de gestion intensive et semi-extensive. Les épisodes de toxoplasmose à Toxoplasma gondii ont entraîné des taux d’avortement dans les lots individuels de 12,6 % (30/239) dans l’élevage laitier et de 33,3 % (70/210) dans le troupeau à viande. Les pertes économiques directes totales évaluées par les auteurs espagnols étaient de 5 154,5 € (171,8 €/avortement) dans le troupeau laitier et de 4 456 € (63,6 €/avortement) dans l’élevage d’ovins viande. Bien que les pertes financières puissent être moins importantes dans les grands troupeaux divisés en groupes gérés séparément selon le statut reproducteur des brebis, les petites exploitations familiales (les plus fréquentes dans les zones méditerranéennes) sont plus vulnérables financièrement vis-à-vis des avortements à Toxoplasma gondii. Par conséquent, les mesures préventives, telles que la vaccination, la biosécurité, la maitrise des populations de chats et la lutte contre les parasites, sont des mesures de contrôle utiles pour réduire l’incidence de la toxoplasmose. (Gutierrez-Exposito et al, Veterinary Parasitology : Regional Studies and Reports, e-publication 27/08/2021 : 100623).

immunité IMMUNITÉ : statut métabolique de la vache et qualité du colostrum

La « santé » métabolique (au sens du statut métabolique prépartum) de la vache affecte la qualité du colostrum et peut entraîner un échec du transfert passif d’immunoglobulines, ainsi qu’une altération de la santé des veaux. Des spécialistes allemands ont eu pour objectif de déterminer les relations entre des variables du métabolisme et de la santé de la vache avec la qualité de son colostrum, mesurée à l’aide d’un réfractomètre Brix. L’étude a concerné 873 vaches laitières provenant de 124 troupeaux. Les vaches ont été suivies sur le plan clinique avant vêlage, prélevées également en moyenne huit jours avant le part pour des analyses de constantes métaboliques. Une meilleure qualité de colostrum a été relevée pour les populations suivantes : vaches en troisième lactation et plus versus vaches en deuxième lactation, femelles vaccinées versus non vaccinées avant vêlage, vaches avec un faible score de boiteries versus vaches avec score modéré ou élevé. Concernant les paramètres sanguins, les auteurs ont mis en évidence une relation entre les valeurs élevées de degré Brix et une diminution des concentrations sériques de calcium et glutamate déshydrogénase, une augmentation du différentiel entre protéines totales et albumine dans le sérum. (Immler et al, Journal of Dairy Science, 2020, 104 : 19812).

consommation_lait CONSOMMATION DE LAIT : produits laitiers et cancer du sein

Il est peu probable que la consommation de produits laitiers chez les femmes soit associée à un risque plus élevé de cancer du sein dans ses diverses origines et types ; par ailleurs, une consommation plus élevée de produits laitiers fermentés (yaourts et ricotta, notamment) pourrait potentiellement réduire le risque du cancer du sein sous-type récepteur-négatif d’œstrogènes (ER -). Ce sont les conclusions d’une très vaste étude internationale impliquant notamment des scientifiques nord-américains et européens, incluant 21 groupes de femmes suivis sur une période de 8 à 20 ans. Des données ont ainsi été recueillies sur plus d’un million de femmes. Ensuite, l’apport alimentaire en calcium (soit par les aliments seuls ou par les aliments et supplémentations additionnelles) montrait une relation significativement négative avec le risque de cancer du sein, sauf pour les ingérés les plus élevés en ce minéral (pas de relation significative). Les résultats obtenus ne variaient pas en fonction des paramètres suivants : Indice de Masse Corporelle (IMC), statut hormonal lors du diagnostic (ménopause ou non), âge au diagnostic. Il conviendrait de confirmer ces résultats en fonction des caractères ethniques des populations et avec des consommations plus élevées de produits laitiers fermentés. (Wu et al, Am J Clin Nutr 2021; 0: 1–12).

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