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Brèves de traite – mai 2022

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brebis BREBIS LAITIÈRE : les causes de dystocie dans l’espèce ovine

Les causes de la dystocie sont multifactorielles avec des facteurs d’origine nutritionnelle et des facteurs de stress sans relation avec la nutrition. Des scientifiques australiens ont réalisé une revue très large des causes de dystocie chez la brebis. Les facteurs liés à la nutrition incluent le poids de naissance de l’agneau, le poids vif de la brebis ainsi que son état corporel (engraissement), le niveau de glycogène musculaire ainsi que le statut minéral de la femelle.

Le risque de dystocie est accru chez les agneaux de poids élevé ou faibles à la naissance, les brebis à poids vif élevé ou affaiblies lors de l’agnelage et chez les femelles primipares. Outre un faible taux de glycogène musculaire, d’autres facteurs favorisants comprennent la toxémie de gestation et un déséquilibre minéral provoquant une hypocalcémie et/ou une carence en nutriments à effet antioxydant. Il existe également des causes de dystocie en relation avec l’environnement.

Les hormones liées au stress, le cortisol, l’adrénaline et l’ACTH, jouent un rôle majeur dans l’initiation et le contrôle de la parturition chez la brebis, indiquant la nécessité d’une surveillance adéquate pendant l’agnelage, de la fourniture d’une alimentation adaptée et d’un abri sur le site d’agnelage ; une faible taille de troupeau peut réduire le stress physique et environnemental. Enfin, Il existe clairement une composante génétique à la dystocie. Cela s’explique en partie par une incompatibilité dans la taille physique et les dimensions du bélier, de la brebis et de l’agneau. Mais la faible héritabilité de la dystocie rend une rapide réduction (de cette affection) peu envisageable avec la sélection.

(Jacobson et al, Small Ruminant Research, 2020, 192 : 106209).

élevage bio ÉLEVAGE BIO : santé et bien-être en production biologique

Il n’y a pas de preuves scientifiques solides pour invoquer de meilleurs résultats en termes de santé et de bien-être animal pour les élevages en production biologique par rapport aux élevages conventionnels. Ce sont les conclusions de cette revue d’une équipe suédoise qui a analysé 166 publications scientifiques entre 2008 et 2020, ceci sur plusieurs espèces de production. Pour les producteurs laitiers biologiques, les principaux problèmes de santé sont similaires à ceux des élevages non biologiques, en priorité les mammites et les boiteries, mais aussi l’infertilité et les affections métaboliques. Le parasitisme, les mammites et la mortalité des agneaux sont les enjeux majeurs pour le bien-être et la santé des élevages ovins biologiques. La prévalence des maladies en élevage biologique est principalement liée à la conduite d’élevage, aux systèmes de pâturage et de logement.

(Akerfeldt et al, Organic Agriculture, 2021, 11, 105–132).

économies ÉCONOMIE : fasciolose et pertes de production chez la vache et la brebis

Il a été démontré des effets négatifs statistiquement significatifs d’une infestation des bovins et ovins par la grande douve du foie (Fasciola hepatica) sur le gain moyen quotidien, le poids vif et le poids de carcasse (réductions respectivement de 9 %, 6 % et 0,6 %), mais pas sur le gain pondéral global ou la production laitière. Une équipe de scientifiques de l’Institut de Moredun (Royaume-Uni) a réalisé pour la première fois une méta-analyse de 233 études comparatives dans la bibliographie de performances d’animaux (espèces bovine et ovine) infestés ou non par la douve du foie. Puisque les auteurs se sont concentrés sur une base individuelle pour l’évaluation de l’infestation, il reste beaucoup de données à exploiter dans le futur pour une méta-analyse se focalisant sur l’influence de la fasciolose hépatique au niveau du troupeau, en particulier en ce qui concerne la collecte des échantillons de lait de tank. Les résultats de cette étude révèlent également que l’infestation a plus d’impact sur les performances chez les jeunes animaux (effet âge). Des méthodes de diagnostic de la fasciolose, en particulier celles qui peuvent mieux quantifier les niveaux d’infestation par la douve, peuvent être nécessaires afin d’obtenir une estimation plus précise de l’impact de l’infestation subclinique sur les performances de production.

(Hayward et al, International Journal for Parasitology, 2021 ; https://doi.org/10.1016/j.ijpara.2021.02.006).

antibioresistanceANTIBIORESISTANCE : suivi de résistance et de virulence de staphylocoques mammaires

La résistance aux antimicrobiens est répandue chez certains staphylocoques « coagulase-negative » (SCN), mais seulement quelques isolats de cette catégorie bactérienne sont porteurs d’un des gènes de virulence généralement portés par Staphylococcus aureus. Même si les résultats pour les SARM semblent préoccupants quant à la multirésistance aux antibiotiques, la plupart des souches isolées de Staphylococcus aureus ne portent pas le gène mecA et ont un faible niveau de résistance aux antimicrobiens. Un total de 272 souches de staphylocoques a été collecté en Norvège et en Belgique en 2016 à partir d’échantillons de lait de vache. Une identification des espèces a été réalisée en utilisant la méthode spectrométrique Maldi-Tof. La résistance phénotypique a été déterminée via la méthode de diffusion sur gélose ; des tests PCR ont été utilisés pour la détection des gènes de résistance à la méthicilline (mecA et mecC) et des gènes de virulence. La résistance aux antimicrobiens était courante pour les souches de Staphylococcus epidermidis et Staphylococcus haemolyticus, avec une résistance au triméthoprime-sulfonamide fréquente pour ces deux espèces bactériennes ainsi que pour Staphylococcus aureus. La résistance à la pénicilline était la plus fréquemment mise en évidence chez les souches isolées en Norvège, notamment pour Staphylococcus epidermidis (54 % de résistance).

(Fergestad et al, Journal of Dairy Science, 2020, 104 : 19988).

diagnostic DIAGNOSTIC : indicateurs d’inflammation mammaire et chronicité

En traite robotisée, le délai de trois à quatre semaines après l’inflammation mammaire initiale peut être considéré comme un seuil de discrimination du passage ou non à l’état de chronicité de la mammite chez la vache laitière et permet ainsi d’aider les éleveurs dans leurs décisions d’intervention. Le but de cette étude observationnelle menée par l’Université de Wageningen (Pays-Bas), en partenariat avec la société De Laval, était d’analyser les données recueillies par un robot de traite afin de mieux comprendre les différences dans la dynamique des indicateurs d’inflammation de la mamelle entre les vaches qui guérissent de l’infection de la mamelle et celles qui passent à l’état de chronicité de l’infection, ceci par rapport au moment de détection d’une inflammation mammaire initiale. Au total, 2 584 cas d’inflammation mammaire, provenant de 15 robots de traite répartis dans 6 pays, ont été inclus dans l’étude. En observant la proportion de vaches avec une concentration de cellules somatiques (CCS) <200 000 cellules/ml, la plupart des vaches avaient guéri dans les 20 jours suivant l’inflammation initiale. Dans le groupe des vaches ayant guéri de l’inflammation de la mamelle, la conductivité σ et la CCS étaient stabilisés principalement dans les 3 à 4 semaines après le diagnostic de mammite.

(Bonestroo et al, Journal of Dairy Science, 2019, 104 : 18054).

veau_laitier VEAU LAITIER : différents programmes d’alimentation avec un lactoremplaceur

L’efficacité alimentaire était diminuée lorsque le lactoremplaceur était distribué ad libitum, versus un programme modéré d’alimentation, durant la période de « nurserie » (56 jours), les avantages de croissance observés à deux mois pour les veaux nourris à volonté étant perdus à l’âge de quatre mois. L’objectif de cette étude américaine (Université de l’Ohio) était de comparer trois programmes d’alimentation avec le même lactoremplaceur sur les performances de veaux laitiers jusque quatre mois d’âge. Des veaux de 2-3 jours d’âge ont été alimentés avec un lactoremplaceur (25 % de protéines brutes, 18 % de matières grasses) durant 42 jours selon un des trois régimes (kg/jour) : ad libitum (ADLIB : à volonté pendant 39 jours puis 0,33 kg pendant trois jours), modéré (MOD : 0,66 kg pendant 39 jours puis 0,33 kg pendant trois jours), progressif (STEPUP : 0,32 à 0,62 kg pendant 12 jours puis 0,66 kg pendant 27 jours puis 0,33 kg pendant trois jours). Puis les trois groupes ont reçu par la suite le même régime à base du lactoremplaceur enrichi en graisses. Le suivi sanitaire et pondéral des veaux s’est déroulé jusque 112 jours d’expérimentation. En phase de « nurserie », la consommation d’aliment et l’efficacité alimentaire étaient inférieures pour le régime ADLIB par rapport à MOD, alors que les scores fécaux et les jours de score fécal anormal (diarrhée) étaient plus élevés pour les veaux nourris avec le régime ADLIB versus le programme MOD. Les veaux alimentés au régime STEPUP ont eu un gain quotidien moyen inférieur à celui des veaux nourris avec le programme MOD. Pendant la phase de croissance (57-112 jours), le poids vif initial était supérieur pour les veaux du régime ADLIB par rapport à ceux du programme MOD, bien que le poids vif de fin d’expérimentation ne soit pas différent entre les veaux des trois régimes alimentaires.

(Suarez-Mena et al, 2020, 104 : 19951).

alternatives ALTERNATIVES : intérêt des pré- et probiotiques chez le veau laitier

Sur la base d’une revue bibliographique à propos d’études de supplémentation de l’alimentation du veau laitier avec des pro- et prébiotiques, la majorité des réponses en termes de croissance, efficacité alimentaire et santé ont été soit non significatifs (surtout pour le gain pondéral et l’indice de consommation), soit positifs (dans le cas des effets sanitaires, particulièrement lors d’épisodes pathologiques à tropisme digestif). Ce sont les conclusions d’une publication de scientifiques de l’Université de Guelph (Canada) qui ont compilé les données et résultats de quelques dizaines de publications concernant l’utilisation de probiotiques (levures vivantes, bacilles lactiques, …) et de prébiotiques (oligosaccharides, β-glucanes) dans l’alimentation du veau laitier dans les premiers jours de vie et au sevrage. Les effets les plus significatifs sur la santé ont été observés avec les MOS (mannanoligosaccharides), même si ces produits ont concentré la majorité des études sur les prébiotiques. Cependant, il y a peu de données sur le mode d’utilisation de ces produits, thérapeutique et prophylactique, ainsi que sur leur mécanisme d’action au niveau de l’organisme.

(Cangiano et al, Applied Animal Science, 2020, 36 : 630–651).

génisses GÉNISSE : PERFORMANCES SELON LA PARITÉ DES MÈRES

Les génisses laitières nées de vaches de 2 ou 3 ans d’âge produisent plus de lait et de matière utile que celles issues de vaches d’un âge supérieur ou égal à 4 ans. C’est une des conclusions d’une vaste étude menée par des scientifiques néo-zélandais à partir d’une base de données de près de 190 000 génisses laitières (races Holstein et Jersiaise), visant à comparer leurs performances de production et reproduction ainsi que leur longévité selon l’âge de leurs mères. Elles ont été réparties selon l’âge de leurs mères en quatre groupes (2, 3, 4 à 8, ≥ 9). Les génisses nées de mères de 2 ans d’âge ont un poids corporel au premier vêlage inférieur en comparaison des génisses des autres groupes. Si les différences entre groupes sont significatives sur le niveau de production laitière, les résultats de reproduction et longévité différent peu entre les génisses selon l’âge de leurs mères. En revanche, les génisses nées de mères d’âge supérieur ou égal à 9 ans produisent significativement moins de lait sur les trois premières lactations, en comparaison des génisses des trois autres groupes : il est donc recommandé de ne pas conserver de génisses de renouvellement si elles sont les filles de vaches de 9 ans et plus.

(Handcock et al, Journal of Dairy Science, 2021, 104, 20354).

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