Comparaison des facteurs de virulence de souches de Klebsiella pneumoniae isolées de cas uniques ou multiples de mammites

Alors que les mammites dues aux bactéries du genre Klebsiella sont considérées d’origine environnementale, des épisodes récents de mammites multiples dans des élevages de l’état de New-York avec identification de souches identiques laissent supposer la possibilité d’un portage/contamination mammaire (mammites contagieuses) ou bien de souches aux facteurs de virulence bien spécifiques, bien adaptées à la survie dans la mamelle.

Ainsi, l’objectif de cette étude menée aux Etats-Unis était de comparer les facteurs de virulence de souches de Klebsiella pneumoniae selon que ces souches étaient isolées de cas uniques ou au contraire multiples de mammites au sein d’un élevage.

Dans ce but, les auteurs de cette étude ont étudié 10 souches. La sélection a consisté à identifier 5 paires de souches, issues de 4 troupeaux. Chaque paire était constituée d’une souche isolée d’un seul cas de mammite (cas unique) et d’une souche isolée de plusieurs cas de mammites (cas multiples). Les caractéristiques suivantes des souches ont été comparées : différences concernant la formation de la capsule (production du polysaccharide capsulaire), capacité à échapper aux polynucléaires neutrophiles et la relation entre ces 2 capacités. Ces caractéristiques ont été recherchées à chaque fois sur un milieu de culture (Luria Bertani) et sur le lait.

Au final, il ressort principalement :

  • Des caractéristiques concernant la formation de la capsule identiques selon les souches (cas unique vs cas multiples), lorsque les souches étaient cultivées sur un même milieu. En revanche, les capsules produites par les souches issues de cas multiples étaient de plus grande taille lorsqu’elles étaient cultivées sur lait par rapport  aux résultats obtenus sur milieu de culture.
  • De façon similaire, les capacités d’échappement aux polynucléaires neutrophiles étaient plus marquées pour les souches cultivées sur lait que sur milieu de culture. Pour les souches cultivées sur lait, les capacités d’échappement étaient plus importantes pour les souches à l’origine de cas uniques.
  • Le milieu de culture influençait donc grandement l’expression des caractères de virulence.
  • Ces résultats suggèrent que les 2 groupes de souches (cas unique vs cas multiples) peuvent constituer 2 sous-populations de Klebsiella pneumoniae.

En conclusion

Il ressort, dans les conditions de cette étude, que malgré le faible nombre de souches de Klebsiella pneumoniae étudiées, des différences ont déjà pu être identifiées entre les souches isolées de cas uniques ou multiples de mammites, avec notamment des capacités sans doute différentes d’échapper aux mécanismes d’actions des polynucléaires neutrophiles. Ces résultats, obtenus uniquement lorsque les souches étaient cultivées sur lait, mériteraient d’être confirmés dans d’autres conditions.

Référence :

Résumé Article “Comparison of virulence factors in Klebsiella pneumoniae strains associated with multiple or single cases of mastitis.”

Kanevsky-Mullarky I., Nedrow A.J., Garst S., Wark W., Dickenson M., Petersson-Wolfe C.S., Zadoks R.N.

Journal of Dairy Science, 2014, (97) :2213-2218.

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