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AU CŒUR DU LAIT

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Effet Du Refroidissement Durant La Période Sèche Sur La Réponse Immunitaire Des Vaches Laitières Soumises à Une Infection Expérimentale à Str. Uberis ?

Effet du refroidissement durant la période sèche sur la réponse immunitaire des vaches laitières soumises à une infection expérimentale à Str. uberis ?

Le stress thermique durant la période sèche affecte le statut immunitaire des vaches sur la lactation suivante. L’objectif de cette étude menée aux USA était d’évaluer l’intérêt d’un rafraîchissement des vaches laitières durant la période sèche sur une amélioration de leur réponse immunitaire vis-à-vis d’infections intra-mammaires postpartum par des germes environnementaux tel Streptococcus uberis.

Dans ce but, les auteurs ont recruté 30 vaches laitières, taries 46 jours avant la date présumée de leur vêlage et réparties en 2 groupes : groupe avec stress thermique (HT: heat stress) et groupe ayant accès à un refroidissement (CL: cooling). Les animaux du groupe CL étaient en bâtiment avec des brumisateurs, des ventilateurs et de l’ombre alors que les animaux du groupe HT avaient seulement de l’ombre pour lutter contre le stress thermique. Toutes les vaches bénéficiaient d’un refroidissement après vêlage. La température rectale et le rythme respiratoire étaient contrôlés pour chaque vache, 3 fois par semaine. Du début de la période sèche à 4 jours précédant la date de vêlage présumée (soit 6 semaines), l’ingestion de matière sèche était déterminée quotidiennement et les poids corporels et notes d’état corporel enregistrés une fois par semaine. Les données de production laitière (quantité, composition, concentrations en cellules somatiques) étaient notées quotidiennement après vêlage. Cinq vaches laitières de chaque groupe ont subi 5 jours après vêlage une infection intra-mammaire expérimentale à Str. uberis. Des échantillons sanguins ont été prélevés 0, 12, 18, 24 et 36 heures après l’infection expérimentale. Un examen hématologique a été alors réalisé et les neutrophiles ont été isolés grâce à l’extraction d’ARN. Les gènes de réponse immunitaire (TLR2, IL1-β, IL6, IL8, IL10 et TNFα) ont été recherchés par rt-PCR.

Il en ressort les résultats principaux suivants :
– Les vaches « rafraîchies » (groupe CL) ont eu des températures rectales et des rythmes respiratoires significativement inférieurs aux vaches de l’autre groupe durant la période sèche.
– Les vaches « rafraîchies » ont ingéré plus d’aliments durant la période sèche mais elles n’ont pas eu d’ingestion supérieure aux animaux de l’autre groupe en postpartum.
– Les vaches « rafraîchies » ont gagné plus de poids et ont eu une meilleure notation d’état corporel durant la période sèche, mais ont perdu plus de poids et de note d’état en lactation.
– Durant les 40 semaines de suivi postpartum, la production laitière des vaches « rafraîchies » durant la période sèche ont eu tendance à produire davantage de lait que leurs congénères du groupe HT (33,8 vs 30,0 kg/j, P= 0,10) mais la composition du lait et les concentrations en cellules somatiques ont été comparables entre les 2 lots.
– Les vaches « rafraîchies » ont eu davantage de cellules sanguines et de neutrophiles que les vaches du groupe HT avant et durant l’infection expérimentale  intra-mammaire avec  Str. uberis, ce qui amène à penser qu’elles ont une amélioration de leurs fonctions immunitaires en début de lactation.
– Quel que soit le groupe d’appartenance des animaux, il y a eu, dans les 36 heures suivant l’infection intra-mammaire, une moindre expression de l’ARN messager de TNFα  et davantage d’IL6 et IL8.
– Les vaches « rafraîchies » ont eu une plus faible expression de l’ARN messager d’IL10 18 heures post-infection.
– Même si les vaches infectées dans les 2 groupes ont enregistré une baisse de   expérimentalement ont enregistré une baisse de TLR-2 (le gène codant pour un “Toll-like receptor”, récepteur présent à la surface de cellules de l’immunité comme les neutrophiles et les macrophages, pouvant reconnaître des motifs moléculaires uniquement présents chez ces microorganismes pathogènes dénommés PAMP pour “pathogen-associated microbia pattern”) entre le début de l’infection intra-mammaire et les 36 heures suivantes, il faut noter que les vaches « rafraîchies » ont eu davantage d’expression de TLR-2, ce qui suggère une plus grande aptitude à lutter contre une infection intra-mammaire.

En conclusion, il ressort dans les conditions de cette étude que le stress thermique durant la période sèche diminue la production laitière des vaches laitières dans leur lactation suivante. De même, le rafraîchissement des vaches taries exposées à un stress thermique s’accompagne d’un dénombrement plus élevé de cellules sanguines et de neutrophiles, d’une plus grande expression de TLR-2, éléments laissant présager d’une meilleure aptitude immunitaire vis-à-vis d’infections intra-mammaires.

Référence:

Résumé Article “Effect of cooling during the dry period on immune response after Streptococcus uberis intrammamary infection challenge of dairy cows.”

Thompson I.M.T., Tao S., Montero K.C., Jeong K.C., Dahl G.E.

Journal of Dairy Science, 2014, (97): 7426-7436.

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