Quels sont les facteurs de risques associés à un comptage cellulaire élevé au premier contrôle dans les troupeaux britanniques ?

L’objectif de cette étude réalisée au Royaume-Uni était d’identifier et de quantifier les facteurs de risques (parmi les données disponibles dans le cadre du contrôle laitier) associés à des concentrations en cellules somatiques (CCS) élevées lors du premier contrôle en lactation, ainsi que d’étudier la distribution de l’incidence des nouvelles infections autour du tarissement, en intra et en inter-troupeaux.

Dans cet objectif, les auteurs ont analysé les données issues du contrôle laitier de 2000 élevages (en Angleterre et au Pays de Galles), sur la période 2000-2006. Les auteurs ont étudié alors les facteurs individuels (parité, stade de lactation, production, taux…) associés à la probabilité pour une vache de présenter, au premier contrôle post vêlage, une CCS élevée (> 200 000 cell/mL), 200 000 cell/mL étant le seuil retenu en Grande Bretagne pour distinguer les vaches infectées et les saines au niveau mammaire.

Le taux d’incidence de nouvelles infections intra-mammaires déterminé comme suit – % de vaches passant d’une CCS < 200 000 cell/mL au dernier contrôle de la lactation n à une CCS > 200 000 cell/mL au premier contrôle de la lactation n+1 – a également été décrit.

Les taux d’incidence de nouvelles intra-mammaires intra et inter-troupeaux ont été étudiés et comparés.

Au final, les principaux résultats furent les suivants :

  • La moyenne de production laitière lors du dernier contrôle précédant le tarissement était de 14,6 kg [4,4-27,9].
  • La médiane concernant la prévalence de concentrations cellulaires élevées (> 200 000 cell/mL) était de 42% [17-69%] et de 21%  [9-40%] respectivement au dernier contrôle de la lactation n et au premier contrôle de la lactation n+1, avec des différences importantes entre troupeaux.
  • Le taux moyen de guérison apparent au tarissement (déterminé comme suit : % de vaches passant d’une CCS > 200 000 cell/mL au dernier contrôle de la lactation n à une CCS < 200 000 cell/mL au premier contrôle de la lactation n+1 était de 74% [53-90%] et le taux moyen d’incidence de nouvelles infections de 17% [6-33%].
  • La probabilité pour une vache de présenter des CCS élevées (> 200 000 cell/mL) au premier contrôle de la lactation n+1 augmentait avec la parité et le niveau de production lors de la dernière traite de la lactation n, ainsi qu’en fonction du moment du premier contrôle (contrôle précoce).
  • Les vaches appartenant aux troupeaux avec les plus fortes prévalences de CCS élevées au moment du tarissement étaient également celles présentant la probabilité la plus forte de fortes CCS au premier contrôle de la lactation suivante.
  • La variabilité de la proportion de vaches avec CCS élevées au premier contrôle était expliquée par l’effet troupeau pour moitié, et par la variabilité inter-années pour l’autre moitié.
  • Les facteurs individuels comptaient très peu pour expliquer cette variabilité inter troupeaux. Seul, le niveau de production laitière au dernier contrôle expliquait en partie la variabilité inter-troupeaux observée, dans le sens qu’une production laitière élevée lors du dernier contrôle de la lactation n augmente le risque de CCS élevées au 1er contrôle de la lactation n+1, comme cela est classiquement rapporté dans d’autres études.

En conclusion

Il ressort, dans les conditions de cette étude, une grande variabilité dans la dynamique des concentrations en cellules somatiques durant la période sèche entre troupeaux, dynamique appréciée par l’étude des variations autour d’une valeur pivot de 200 000 cell/mL. Tandis que la parité, le stade de lactation ou la date du vêlage étaient des facteurs de risques individuels associés à la probabilité d’avoir une CCS élevée (>200 000 cell/mL) au premier contrôle post vêlage, seul le niveau de production laitière au dernier contrôle de la lactation précédente a été identifié comme un facteur explicatif de la variabilité du critère « CCS élevée » l’incidence à la fois intra et inter-troupeaux. Ceci amène les auteurs à indiquer, comme mesure permettant de lutter contre des CCS élevées au 1er contrôle post vêlage, la  diminution du niveau de production au moment du tarissement.

Référence :

Résumé Article “Risk factors for a high somatic cell count at the first milk recording in a large sample of UK herds.”

Madouasse A., Browne W.J., Huxley J.N., Toni F., Bradley A.J., Green M.J.

Journal of Dairy Science, 2012, (95) : 1873-1884.

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