Au cœur de la viande

Les algues vont-elles nous sauver ?

Le 8 décembre dernier a été célébrée la Journée mondiale du climat. C’est un sujet dont la filière bovine a pris conscience depuis déjà plusieurs années. La réduction des émissions de gaz à effet de serre est désormais dans toutes les consciences et l’objectif d’une réduction de 15 à 20 % des émissions à l’horizon 2025 est un objectif tout à fait atteignable selon le discours d’Étienne Goumand et Josselin Andurant de l’Idele lors des Journées 3R en 2020. Les éleveurs ont toutes les cartes en main pour améliorer à la fois leurs performances environnementales mais aussi leurs performances technico-économiques en jouant sur la conduite du troupeau, sur l’efficience alimentaire et sur le levier prairies. Les résultats des diagnostics Cap’2ER montrent également que les éleveurs qui ont le plus faible impact carbone sont ceux qui ont également la meilleure rentabilité.

Nous ne sommes pas le seul pays concerné. La réduction des émissions de gaz à effet de serre est devenue une priorité pour de nombreux producteurs de bovins à travers le monde et toutes les idées sont désormais à prendre en considération. Une startup australienne a découvert que l’utilisation d’algues dans l’alimentation des bovins permettrait de réduire de façon considérable les émissions de méthane. Le gouvernement australien a d’ailleurs investi 1 million de dollars australiens dans cette entreprise pour l’aider dans ses recherches et la mise sur le marché de ses produits.

La startup produit des algues du genre Asparagopsis capables, selon l’agence scientifique nationale australienne CSIRO (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation), de réduire les émissions de méthane des bovins jusqu’à 80% une fois cette algue incorporée dans l’alimentation des animaux à hauteur de moins de 1% de la ration.

Les algues du genre Asparagopsis peuvent réduire les émissions de méthane des bovins jusqu’à 80%

Selon les responsables de cette start-up, l’espèce d’algue Asparagopsis produit des substances spéciales contenant du brome naturel. Celui-ci empêche l’achèvement de la fabrication du méthane en réagissant avec la vitamine B12 à la dernière étape, ce qui perturbe les enzymes utilisées par les microbes intestinaux spécifiques qui produisent du méthane gazeux. La start-up a développé sa propre méthode de culture de l’algue et envisage d’utiliser le financement du gouvernement australien pour passer à l’étape industrielle.

Une solution intéressante qui pourrait s’avérer utile pour nos éleveurs bovins dont on sait que tous n’auront pas les mêmes facilités à réduire leur empreinte carbone.

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