Quel est l’impact d’une infection subclinique par l’herpès virus bovin de type 1 sur la production laitière ?

L’objectif de cette étude menée au Royaume-Uni était d’évaluer l’impact potentiel d’une infection subclinique par l’herpès virus bovin de type1 (virus de l’IBR) sur la production laitière.

Dans cet objectif, les auteurs ont réalisé un suivi de cohorte de 2 ans au sein d’un élevage commercial du Royaume-Uni. Cet élevage était composé de 129 vaches laitières Prim’Holstein, avec un niveau de production moyen de 9000kg/an. Cet élevage, situé dans une zone à faible densité de bovins, n’avait pas introduit d’animaux en provenance d’autres fermes depuis 2000. Il était testé régulièrement négatif en recherche d’anticorps anti-BoHV1 sur le lait de tank (jusqu’en février 2010). Les génisses pouvaient pâturer sur diverses parcelles. Les visiteurs extérieurs voyaient mis à leur disposition des vêtements spécifiques lors de toute visite. En mai 2010, 3 vaches ont avorté et les analyses ont mis en évidence l’implication du BoHV1 dans ces avortements. En parallèle, la recherche d’anticorps anti-BoHV1 dans le lait de tank sur le lait de tank s’est révélée positive en mai 2010. Mis à part ces 3 animaux ayant avorté, aucun autre signe clinique n’a été détecté sur les autres animaux du troupeau. Une analyse sérologique vis-à-vis du BoHV1 a alors été pratiquée sur l’ensemble des animaux du troupeau, aboutissant à 72% d’animaux séropositifs (plus marquée sur les primipares et les vaches en 4ème lactation et plus). Les auteurs ont ensuite analysé les facteurs de variation de la production laitière des vaches sur la période d’étude, en prenant en compte à la fois les facteurs classiquement connus (stade de lactation, rang de lactation par exemple) et le statut sérologique vis-à-vis de l’IBR mesuré lors de l’analyse exhaustive du troupeau.

Il en ressort les résultats principaux suivants :

  • Les séroprévalences d’animaux séropositifs vis-à-vis de l’IBR variaient de 56 à 87% selon la parité.
  • La source de contamination/introduction du virus n’a pas pu être identifiée mais une introduction parmi le lot des génisses en pâture est privilégiée).
  • Dix animaux testés séronégatifs en mai 2010 ont été retestés 3 mois plus tard en août 2010 et étaient toujours séronégatifs.
  • Les vaches séropositives vis-à-vis de l’IBR ont produit en moyenne 2,6 kg / jour de lait en moins [IC95% : 2-3,2] durant leur lactation. Cet impact est supérieur aux autres études publiées sur le sujet.
  • Les autres facteurs influençant de façon significative la production laitière étaient le mois de l’année, la parité, le stade de lactation, la concentration en cellules somatiques, et les taux de matières utiles au jour du contrôle.
  • Une des limites de l’étude est l’absence de temporalité précise sur le moment de survenue de l’infection. Un suivi sérologique aurait peut-être pu permettre de reclasser des animaux initialement séronégatifs en séropositifs.

En conclusion

Il ressort, dans les conditions de cette étude, qu’une infection subclinique par l’herpès virus bovin de type1 provoque une baisse significative de la production laitière des vaches séropositives vis-à-vis de ce virus.  Cette étude souligne une fois de plus l’intérêt de règles de biosécurité strictes afin de limiter le risque d’introduction et de transmission du virus BoHV1.

Référence:

Résumé Article “Reduction in daily milk yield associated with subclinical bovine herpesvirus 1 infection.”

Statham J.M., Randall L.V., Archer S.C.

Veterinary Record, 2015, doi 10.1136/vr.103105

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