Comment maîtriser le risque d’introduction d’agents pathogènes dans les troupeaux bovins ?

L’objectif de cette revue réalisée par des chercheurs irlandais était d’identifier les différentes sources potentielles de contamination des troupeaux, et de dresser un panorama des mesures de maîtrise reconnues efficaces vis-à-vis de l’introduction d’agents pathogènes dans les élevages.

Quels risques liés aux mouvements d’animaux (achat/vente) ?

Les auteurs dressent une liste de tous les agents pathogènes pour lesquels l’introduction d’animaux (transitoire ou permanente) a été identifiée comme origine de la contamination d‘un troupeau.

La liste est longue : Blue tongue virus, Herpès virus de type 1 (IBR), VRSB, BVDV, Dermatite digitée, E. Coli O157, Leptospira spp, agents de mammites (par exemple  Mycoplasma  spp, Nocardia asteroides, Staphylococcus aureus, Streptopcoccus agalactiae)  Mycobacterium avium subsp paratuberculosis, Mycobacteriumbovis, Mycoplasma bovis, teigne, Neospora caninum, Salmonella spp.

Quelles stratégies de maîtrise ?

Réduction du risque avant le mouvement

  • Minimiser le nombre d’animaux achetés et le nombre de troupeaux d’origine
  • Introduire des animaux non gestants
  • Acheter dans des troupeaux au statut connu et favorable (prévalence nulle à faible)
  • Disposer de l’historique de l’animal et de son troupeau
  • Examiner cliniquement le bovin devant être vendu
  • Quarantaine avant la vente (afin de faciliter l’interprétation des tests à l’achat)
  • Tester les animaux avant la vente
  • Traiter les animaux (vermifugation, vaccination, pédiluve…) avant la vente

Réduction du risque durant le mouvement des animaux

  • Ne pas mélanger des animaux d’origine différente
  • Utiliser un véhicule unique dédié
  • Minimiser les distances de transport (stress)

Réduction du risque après l’introduction

  • Réaliser une quarantaine, tester à l’introduction voire traiter l’animal (selon phase pré-mouvement)
  • Eviter le contact avec des animaux gestants
  • Tester la progéniture des animaux achetés gestants

Réduction du risque lié à la réintroduction d’animaux résidents

  • Mesures identiques à celles citées précédemment (éviter pâturage commun tant que possible)

Réduction du risque de contamination par contiguïté

  • Double clôture (distance de 3m minimum)
  • Clôture électrique
  • Vaccination

Réduction du risque de transmission par des vecteurs inertes

  • Utilisation par l’éleveur de son propre matériel
  • Désinfection matériel

Réduction du risque de contamination par des visiteurs

  • Fournir des protections/équipements aux visiteurs (gants, cotte, surbottes)
  • Restriction des visites au strict nécessaire
  • Rotoluve et pédiluve
  • Faciliter le lavage des mains et des bottes

Réduction du risque de contamination par d’autres espèces

  • Sécuriser l’accès à l’alimentation
  • Réduction du risque de contact avec faune sauvage

Réduction du risque de contamination par du matériel biologique

  • Achat de semence à des sites agréés
  • Pasteurisation du colostrum (si colostrum acheté ailleurs)

En conclusion

Il ressort de cette revue que le risque d’introduction majeur consiste le plus souvent en l’introduction/achat d’un animal infecté/infectieux. Les contacts au pâturage suivent dans la hiérarchie du risque proposée par les auteurs. Les plans de réduction/maîtrise des risques devraient faire l’objet d’une analyse spécifique élevage par élevage, tenant compte des réalités propres (bâtiment, travail…).

Référence :

Résumé Article “Bioexclusion of diseases from dairy and beef farms: Risks of introducing infectious agents and risk reduction strategies.”

Mee J.F., Geraghty T., O’Neill R., More S.J.

The Veterinary Journal, 2012, (194):143-150.

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