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Mécanismes d’interaction entre bactéries et tractus génital de la vache laitière

Bien que la présence de bactéries ait été caractérisée tout au long de l’appareil reproducteur femelle de plusieurs espèces dont les bovins, il n’a pas encore été décrit comment ces bactéries pouvaient interagir avec l’hôte.

Cette revue bibliographique menée par des scientifiques de l’Université de Virginie (USA) visait à résumer les connaissances établies en ce qui concerne les bactéries pathogènes et non pathogènes dans divers segments de l’appareil reproducteur de la vache notamment, et les éventuels mécanismes sous-jacents aux interactions hôte-microbe pendant la gamétogenèse et au début de la gestation.

La figure ci-dessous récapitule les interactions des agents pathogènes (A – C) et non pathogènes (D – F) avec le microbiome de l’appareil reproducteur chez l’animal hôte.

(A) Développement des ovocytes : les lipopolysaccharides d’Escherichia coli dans l’utérus envahissent les follicules dominants, provoquant une réponse inflammatoire et diminuant la production d’estradiol.

(B) Insémination : les glandes utérines sont endommagées par la pyolysine (PLO) de Trueperella pyogenes, ce qui pourrait entraver la bonne fixation de l’embryon.

(C) Placentation : Brucella, Listeria ou Campylobacter empruntent la circulation sanguine vers les placentomes dans l’utérus. Ils envahissent ensuite les trophoblastes placentaires et se répliquent, provoquant la nécrose du trophoblaste et la propagation de l’agent pathogène dans tout l’utérus.

(D) Développement des ovocytes : les lactobacilles identifiés dans le liquide folliculaire pourraient sécréter des flavonoïdes, qui ont été associés à une compétence accrue des ovocytes, tout en diminuant la sécrétion des eicosanoïdes, qui ont été liés à une diminution de la qualité des ovocytes.

(E) Capacitation : Lactobacillus delbrueckii dans l’utérus et le vagin a la capacité de produire du HCO3-Cela peut améliorer le gradient ionique nécessaire à la capacitation des spermatozoïdes, augmentant ainsi la quantité de spermatozoïdes aptes à féconder.

(F) Placentation : les lactobacilles, streptocoques et entérocoques isolés dans l’utérus ont été associés à une augmentation du succès de la gestation ; ils produisent H2O2, qui pourrait augmenter le taux d’angiogenèse et ainsi la placentation.


En conclusion, cette revue bibliographique fait l’état des lieux sur les relations entre bactéries du tractus génital et les différentes étapes de la gamétogénèse et du début de gestation. Des bactéries pathogènes utérines tels que E. coli, T. pyogenes et F. necrophorum peuvent causer des dommages sur le site d’infection et avoir ainsi une influence négative sur les ovulations ultérieures. Inversement, des bactéries lactiques comme les Lactobacillus semblent être bénéfiques au niveau de plusieurs zones de l’appareil reproducteur : elles ont été associées à une amélioration de la qualité des ovocytes et agissent favorablement au cours de l’angiogenèse placentaire.

Résumé Publication “Graduate Student Literature Review: Potential mechanisms of interaction
between bacteria and the reproductive tract of dairy cattle.”
Owens CE, Daniels KM, Ealy AD, Knowlton KF, Cockrum RR.
Journal of Dairy Science, 2020, 103 (11) :10951-10960.

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