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AU CŒUR DU LAIT

Au-delà des solutions apportées par ses médicaments, MSD Santé Animale accompagne la filière lait dans les domaines techniques, de la médecine collective et du développement de nouveaux services. Ce partenariat se concrétise avec Au Cœur Du Lait par la mise à disposition et le partage d’une revue régulière des actualités économiques et techniques.

Mécanismes De Prévention Des Affections Utérines Du Post-partum

Mécanismes de prévention des affections utérines du post-partum

Jusqu’à 40 % des vaches laitières sont susceptibles de développer une métrite ou endométrite quand des bactéries infectent l’utérus après le vêlage. De nombreux auteurs ont publié depuis 2006 un ensemble de définitions des affections de l’utérus en période post-partum (métrites, endométrites). Les connaissances se sont accrues quant à leur étiologie, pathogénie, incidence et conséquences. Généralement, ces infections utérines doivent être traitées (notamment avec des antibiotiques), car elles entraînent de la douleur, de l’inconfort via l’accumulation de pus dans l’utérus, une réduction de la production laitière et de la fertilité. D’un point de vue économique, il serait également intéressant de prévenir ces affections de l’utérus. Cependant, il n’y a pas encore d’éléments clairs pour expliquer pourquoi 60 % des vaches ne développent pas de pathologie de l’utérus, bien qu’elles soient exposées aux mêmes agents pathogènes en élevage.

Objectif de l’étude

L’objectif de cette publication d’auteurs nord-américains est d’effectuer une revue des mécanismes que peut mettre en œuvre la vache laitière pour prévenir les infections utérines en période post-partum. L’hypothèse de départ serait que les vaches laitières « résilientes » se défendent elles-mêmes contre les agents pathogènes en utilisant 3 stratégies possibles et complémentaires de défense : l’évitement, la tolérance et la résistance.

Le principe de la stratégie d’évitement est la capacité de l’animal à limiter son exposition aux bactéries pathogènes, à travers des comportements intrinsèques, tel par exemple l’attitude d’éviter le contact avec les vaches malades. Cette stratégie défensive a l’avantage de n’avoir aucun « coût » métabolique pour contrer l’action des agents pathogènes. Il serait également possible que les vaches saines aient une forme de défiance voire de « dégoût » vis-à-vis des écoulements génitaux fétides issus des métrites ou endométrites des vaches infectées. Evidemment, ce type de comportement est très lié aux conditions de logement des vaches laitières.

La stratégie défensive de tolérance (à ne pas confondre avec l’immunotolérance) a pour objectif de limiter les dommages tissulaires causés par les bactéries pathogènes. Cette forme de résilience a l’avantage de ne pas induire des phénomènes de « contre-attaque » des bactéries pathogènes, comme par exemple l’antibiorésistance. La tolérance fait appel aux mécanismes suivants : barrières à l’infection (mucus, épithélium), neutralisation des toxines bactériennes (peptides antimicrobiens, protéines de la phase aiguë), « réparation » des dommages tissulaires (membranes cellulaires, ADN, …), réponses métaboliques adaptatives (autophagie et hypoxie par rapport aux atteintes cellulaires, stress oxydatif en réponse à l’hémolyse ou l’inflammation, …).

La résistance est un mécanisme de défense de l’animal pour limiter la population de bactéries pathogènes. Elle fait appel à l’activation des immunités innée et adaptative. Le système immunitaire inné provoque une réponse rapide face aux pathogènes : elle est non spécifique et ne dépend pas d’une exposition antérieure aux agents pathogènes. Elle entraine une sécrétion de peptides antimicrobiens et de médiateurs de l’inflammation. Une réponse inflammatoire rapide et robuste peut permettre d’éliminer les bactéries pathogènes de manière efficace. La réponse adaptative est plus lente, dépend d’un contact antérieur avec les antigènes spécifiques. Elle se manifeste sous forme de la circulation d’anticorps au niveau général et de l’infiltration de lymphocytes B et T dans l’endomètre (niveau local).

En complément, une bonne conduite d’élevage peut aider à la résilience et la prévention des pathologies utérines postpartum : gestion du vêlage et de ses complications (dystocies), hygiène de l’environnement, alimentation adaptée autour du part, limitation des sources de stress (surdensité, chaleur, interactions sociales), état corporel satisfaisant, enregistrement des métrites/endométrites (avec traitement rapide des malades).

Conclusion de l’étude

Les auteurs concluent sur les perspectives d’agir dans le futur sur la prévention des affections utérines postpartum. Cela passe par une meilleure compréhension des mécanismes d’évitement et de tolérance à travers par exemple la sélection génétique et le sexage.

La prévention des affections utérines de la période post-partum chez les vaches laitières repose sur un phénomène de résilience des animaux, qui se décline en 3 mécanismes distincts : l’évitement qui limite l’exposition aux bactéries pathogènes ; la tolérance qui limite les dommages tissulaires causés par les agents pathogènes ; la résistance qui limite voire élimine la population des bactéries responsables des infections utérines. La conduite d’élevage autour du vêlage joue en complément un rôle essentiel dans la prévention de cette pathologie.

Résumé Publication “Preventing postpartum uterine disease in dairy cattle depends on avoiding, tolerating and resisting pathogenic bacteria.”

Résumé Publication “Preventing postpartum uterine disease in dairy cattle depends on avoiding, tolerating and resisting pathogenic bacteria.”

Martin Sheldon I., Molinari P.C.C., Ormsby T.J.R., Bromfield J.J. Theriogenology. January 2020, In press.

GP-R-FR-NON-200500066