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Nécropsie et étiologie des infections respiratoires des bovins adultes

De nombreuses publications ont souligné le rôle fréquent de Mannheimia haemolytica comme agent étiologique principal dans les infections respiratoires fatales chez les jeunes bovins. Chez les bovins adultes autopsiés, de fortes proportions de pneumonies ont également été rapportées. Cependant, l’étiologie de ces mortalités de bovins adultes, suite à une infection respiratoire, reste peu documentée.


En effet, les études basées sur la réalisation d’autopsies à grande échelle de bovins adultes sont rares, car elles nécessitent des compétences particulières et un équipement spécifique.

Objectifs de l’étude sur les infections respiratoires du bovin adulte

Les objectifs de cette étude conduite par une équipe de l’unité BIOEPAR (Oniris) étaient d’évaluer l’importance des maladies respiratoires comme cause de décès chez les bovins adultes et de déterminer les lésions et les agents pathogènes associés aux différentes causes d’infections respiratoires de ces mêmes bovins adultes.


L’équipe de spécialistes a analysé les données de 737 autopsies de bovins adultes (provenant de 576 élevages) à l’Unité de Pathologie pour les Grands Animaux d’Oniris à Nantes, sur une période de 6 ans (2013-2019).

Chaque carcasse était soumise à une autopsie complète. Les poumons présentant des lésions macroscopiques ont été classés en trois catégories : lésions pulmonaires infectieuses primaires (IPP), pneumonie thromboembolique (TEP) et autres lésions (pneumonie par aspiration, pneumonie d’origine vermineuse et extension locale d’un processus inflammatoire). La moitié des poumons présentant des lésions macroscopiques d’IPP ont été échantillonnés pour réaliser une histologie puis soumis à une recherche d’agents pathogènes par PCR.

Les principaux résultats sont les suivants :

  • La majorité des bovins adultes autopsiés (75 %) étaient de race laitière.
  • Les maladies respiratoires constituaient la deuxième cause de mortalité (15,7 %) derrière les pathologies digestives (32,2 %).
  • Dans la population étudiée, la distribution des lésions macroscopiques des voies respiratoires inférieures n’était pas significativement liée à l’année, la saison, l’âge ou le type de race.
  • Les auteurs ont observé une forte prédominance des lésions IPP (42,3%) et des lésions TEP (39,6 %). Dans les lésions macroscopiques de type IPP, la bronchopneumonie fibrineuse, hémorragique et/ou nécrotique (FHN) représentait 77,6 % de ces lésions.
  • La bactérie Mannheimia haemolytica a été significativement associée aux lésions macroscopiques de bronchopneumonie (FHN), avec une fréquence d’isolement de 94,7 %. Elle a été isolée sur 69,2 % des lésions macroscopiques de type IPP.
  • Chez les bovins autopsiés pour lesquels M. haemolytica a été isolée au niveau pulmonaire, cette bactérie était seule dans 38,9 % des cas et fréquemment associée à Pasteurella multocida (50 %) et au coronavirus bovin (BCoV). Les virus respiratoires et Mycoplasma bovis n’ont jamais été détectés seuls.

En conclusion, cette étude réalisée sur la base d’un nombre élevé d’autopsies de bovins adultes morts en élevage suggère fortement d’inclure un tableau lésionnel de bronchopneumonie fibrineuse, hémorragique ou nécrotique associé à Mannheimia haemolytica dans le diagnostic différentiel de mortalité épizootique, rapide ou subite de bovins adultes (dont laitiers) dans l’Ouest de la France.


Résumé Publication “Infectious Bovine Respiratory Diseases in Adult Cattle: An
Extensive Necropsic and Etiological Study.”

Dorso L, Rouault M, Barbotin C, Chartier C, Assié S.

Animals, 2021, 11, 2280. https://doi.org/10.3390/ani11082280.

GP-FR-NON-220400037