veau à la naissance léché par sa mère

Prévalence des diarrhées néonatales à Rotavirus en association avec d’autres pathogènes digestifs

Résumé de la publication

“Prevalence of Worldwide Neonatal Calf Diarrhoea Caused by Bovine Rotavirus in Combination with Bovine Coronavirus, Escherichia coli K99 and Cryptosporidium spp.: A Meta-Analysis.” Brunauer M, Roch FF, Conrady B. Animals, 2020, 11, 1014.

Les diarrhées néonatales du veau (DNN) constituent une entité pathologique mondialement répandue chez les bovins, qui entraîne des pertes économiques substantielles en raison de l’augmentation de la morbidité et de la mortalité, de retards de croissance et des coûts de traitement élevés, ainsi que de graves conséquences à long terme, notamment sur les futures génisses (retard de l’âge au premier vêlage).

Plusieurs agents entéropathogènes tels que le rotavirus bovin (BoRV), le coronavirus bovin (BCoV), Escherichia coli K99 (ETEC = souches entérotoxinogènes) et Cryptosporidium spp. (Crypto) sont les causes les plus courantes de diarrhée du veau au cours des 30 premiers jours de l’âge.

Dans cette revue de bibliographie menée par des scientifiques autrichiens et danois, trois méta-analyses à effets aléatoires stratifiés pondérés ont été effectuées afin d’évaluer la prévalence mondiale des infections mixtes impliquant des agents pathogènes majeurs responsables de DNN (c’est-à-dire les associations BoRV‑BCoV, BoRV‑ETEC, BoRV‑Crypto) et leurs facteurs d’influence potentiels.

Ces méta-analyses ont couvert 41 études (et 94 sous-études) dans 21 pays avec un objectif principal : déterminer la présence ou l’absence d’infections digestives mixtes dans les populations mondiales de veaux provenant d’élevages laitiers et allaitants.

Les principaux résultats sont les suivants :

  • Au total, 12 208 animaux dans environ 2 110 troupeaux ont été retenus pour les méta-analyses pour des infections digestives concomitantes chez le veau, ceci dans le monde entier.
  • La prévalence globale moyenne mondiale la plus élevée a été identifiée pour l’association BoRV-Crypto (6,69 %), suivie par BoRV-BCoV (2,84 %) et BoRV-ETEC (1,64 %).
  • Dans toutes les infections concomitantes incluant le BoRV, la prévalence moyenne la plus élevée a été identifiée chez les veaux atteints cliniquement de diarrhée, dans les troupeaux laitiers et dans les classes d’âge des animaux échantillonnés entre 0 et 14 jours.
  • Sur la base du calcul de l’Odds Ratio (OR = rapport de cotes), la probabilité de détecter le BCoV chez les veaux atteints de diarrhée était 1,83 plus élevée en présence de BoRV par rapport aux veaux sans infection par le BoRV. Alors que c’est une relation inverse trouvée pour l’association BoRV-Crypto (OR=0,77).
  • Les méthodes de diagnostic ont été identifiées comme le facteur d’influence le plus significatif dans la détection des infections mixtes étudiées dans ces méta-analyses, particulièrement pour l’association BoRV-BCoV. Il a été plus difficile de mettre en évidence l’influence d’autres facteurs, en raison de l’insuffisance de données dans la revue bibliographique à l’origine des méta-analyses.

En conclusion, d’après cette méta-analyse concernant les agents de diarrhées néonatales du veau, dans toutes les infections concomitantes associant le Rotavirus bovin (BoRV), la prévalence moyenne la plus élevée a été identifiée chez les veaux exprimant cliniquement la diarrhée, dans les troupeaux laitiers et dans les classes d’âge des animaux entre 0 et 14 jours. La chance de détecter le Coronavirus bovin (BCoV) chez les veaux atteints de diarrhée était plus élevée en présence de BoRV par rapport aux veaux sans BoRV.

                                                                                                                                     GP-FR-NON-220900067