Quelles sont les relations causales entre mammites cliniques, production et persistance laitière ?

Résumé Article “Causal relationship between clinical mastitis events, milk yields and lactation persistency in US Holsteins.” Dhakal K., Tizeei F., Clay J.S., Maltecca C. Livestock science, 2016, (189): 8-16.

L’objectif de cette étude menée aux USA était d’étudier l’impact de la survenue de mammites cliniques, sur la production laitière et la persistance de la lactation, et d’en quantifier la relation causale. Les auteurs visaient également à décrire les corrélations génétiques entre mammites cliniques et traits de production laitière (quantité, persistance).

Dans ce but, les auteurs ont utilisé des données issues de près de 200 fermes sur une période de 1996 à 2012. Ainsi ce sont les données de plus de 48 000 lactations de primipares, issues de 2213 taureaux différents et en provenance de 297 fermes qui ont été analysées. Les données analysées consistaient en:

  • La survenue ou non d’un épisode de mammite clinique durant la lactation.
  • La production laitière à chaque contrôle, lors de 3 périodes différentes: 5-60, 61-120 et 120-180 jours de lactation.
  • La persistance de la lactation.

Un deuxième jeu de données composé de près de 29 000 vaches sur leurs 2 premières lactations consécutives a été utilisé afin de voir le risque de mammite en 2ème lactation selon la survenue ou non d’un cas en première lactation. Enfin l’héritabilité des traits mesurés et les corrélations génétiques ont été calculées.

Il en ressort les résultats principaux suivants :

  • La survenue d’une mammite clinique diminuait la production laitière de 0,032, 0,004 et 0,003 kg/j sur les périodes 1, 2 et 3 respectivement. L’effet était ainsi plus marqué en début de lactation. Les auteurs suggèrent une installation d’une sorte « d’immunité », minimisant les effets de mammites sur le reste de la lactation.
  • L’effet de la survenue de mammite sur la persistance de lactation était minime.
  • Un risque accru de mammite clinique en 2ème lactation était observé chez les vaches avec un premier épisode de mammite clinique en première lactation.
  • L’héritabilité trouvée ici est faible pour les mammites cliniques (0,04), sûrement à mettre en relation avec le choix des animaux (non basés sur une sélection sur ce trait)
  • Des corrélations génétiques négatives ont été trouvées entre survenue de mammites cliniques et production laitière (-0.001 à -0.01). La corrélation globale entre mammites cliniques et production laitière totale était négligeable.

En conclusion, il ressort, de façon non surprenante, dans les conditions de cette étude, que la survenue d’une mammite clinique durant la lactation est responsable d’une perte de production laitière, notamment durant les 60 premiers jours de lactation. Aucun effet sur la persistance n’a par contre été noté.

De plus, les auteurs constatent un risque accru de mammite clinique en deuxième lactation pour les vaches ayant eu un épisode de mammite clinique en première lactation. Enfin une corrélation génétique négative a été observée entre survenue de mammites cliniques et production laitière. Les résultats de cette étude ne font que renforcer l’intérêt d’une maîtrise des infections intra-mammaires pour optimiser la production laitière.

FR/ORUM/0517/0051

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