Quel est le taux d’incidence de mammites cliniques selon la nature de l’agent pathogène et sa sévérité dans les troupeaux flamands et quel lien avec l’hygiène de l’élevage ?

L’objectif de cette étude réalisée en Flandres était d’estimer le taux d’incidence de mammites cliniques ainsi que de déterminer les agents pathogènes en cause, notamment en lien avec la sévérité des signes cliniques et l’hygiène de l’élevage.

Dans cet objectif, les auteurs ont sélectionné aléatoirement 50 troupeaux (en fait 67 troupeaux initialement pour tenir compte d’un taux de perte attendu). Au sein de ces troupeaux, les vaches en mammite clinique (détection par l’éleveur ou détection par les alertes du robot puis confirmation par l’éleveur) faisaient l’objet :

  • d’une notification précise (date, parité, quartier, stade de lactation)
  • d’une estimation de la sévérité clinique : grade 1 (modification du lait seule : présence de grumeaux), grade 2 (grumeaux et quartier induré, mais pas de signes généraux) et grade 3 (grumeaux, quartier induré et répercussions sur l’état général)
  • d’un prélèvement aseptique de lait de quartier, en vue de bactériologie.

De plus, dans ces élevages, l’hygiène des animaux était estimée en scorant au hasard, sur plusieurs visites, 20 vaches (utilisation de la grille de Schreiner). Les troupeaux avec plus de 50% de vaches notées 3 ou 4 étaient classés « sales ».

Les auteurs ont ensuite décrit le taux d’incidence de mammites cliniques, la distribution des agents pathogènes retrouvés selon la sévérité de la clinique, la parité et l’hygiène des animaux.

Au final, les principaux résultats furent les suivants :

  • La taille moyenne des exploitations de l’étude était de 60 vaches en lactation (16-240); 2/3 des troupeaux étaient en système logettes, 6% des troupeaux équipés de robot de traite, et tous pratiquaient un traitement systématique au tarissement à l’aide d’antibiotiques.
  • Au total, 845 cas de mammites cliniques ont fait l’objet de prélèvement (sur 692 vaches).
  • Le nombre de cas de mammites par troupeau a varié entre 0 et 107 (détection faite par les éleveurs).
  • Parmi les vaches ayant présenté au moins un cas de mammite clinique, 490 (77,7%) en ont eu 1, 111 (17,4%) 2, 30 (4,7%) 3 et 8 (1,3%)  4 ou plus.
  • Le taux d’incidence moyen de mammites cliniques était de 7,1 cas quartier pour 10 000 vaches-jours à risque (2,9 pour les primipares et 11 pour les multipares). Toutefois le taux était plus élevé pour les primipares en début de lactation.
  • Les pathogènes isolés les plus fréquemment étaient Streptococcus uberis et E. coli (tableau).
  • La liaison « sévérité clinique » – « isolement de E. coli » était très significative (P< 0,0001). Mais, si E. coli était le plus fréquemment isolé sur les mammites cliniques  de grade 3, cette bactérie n’était mise en évidence que dans 39% des cas dans cette étude.

Tableau : Résultats des bactériologies, avec grades de sévérité clinique correspondants et  taux d’incidence de mammite clinique selon les agents pathogènes (n=845)

  • Une hygiène du troupeau insuffisante était associée à une plus forte incidence de mammites cliniques et de mammites cliniques à E. coli (taux d’incidence de cas quartier pour 10 000 vaches-jours à risque, respectivement de 9,0 et 1,7 dans les troupeaux « sales » vs  6,0 et 0,6 dans les troupeaux « propres ».

En conclusion

Il ressort, dans les conditions de cette étude, une moyenne de taux d’incidence de mammites cliniques de l’ordre de 7 cas quartier pour 10 000 vaches-jours à risque, avec une très forte variabilité entre troupeaux (0-21%). Ces taux ont été plus faibles chez les primipares. Str. uberis et E. coli ont été les germes les plus fréquemment associés avec les mammites cliniques. Les mammites cliniques ont été majoritairement de grade 1 (63,1% des cas). Lors de mammites de grade 2 ou 3, E. coli a été le pathogène le plus fréquemment isolé. Lors de mammites de grade 3, E. coli a été mis en évidence dans 39% des cas. Lors d’hygiène défectueuse de l’élevage, les mammites cliniques de manière générale et les mammites cliniques à E. coli ont été plus fréquentes, comme cela a été rapporté dans d’autres études, dans d’autres pays.

Référence :

Résumé Article “Pathogen specific incidence rate of clinical mastitis in Flemish dairy herds, severity, and association with herd hygiene.”

Verbeke J., Piepers S., Supré K., De Vliegher S.

Journal of Dairy Science, 2014, (97) :6926-6934.

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